Retissant il y a peu ici-même un lien trop souvent interrompu avec ce qu’on entend par “bande dessinée” – ces suites de dessins traversées par un ou plusieurs flux narratifs, parfois au bord d’une certaine forme d’abstraction, parfois au plus près de la représentation de ce qu’on se risque encore à nommer “réalité” –, je notais, un peu marri, qu’il m’était de plus en plus difficile d’entrer dans les derniers avatars des formes les plus conventionnelles du genre. D’où cette quête de singularité ; et ces détours aux postes d’observation à la frontière.

A l’occasion de la parution de La première année, rencontre avec Jean-Michel Espitallier et entretien où il est question de ce livre-ci mais aussi, de manière plus générale, de son travail d’écrivain, de la musique, de Wittgenstein, de la guerre et de la banalité du mal, de Francis Ponge et de la batterie, de bricolage, du syllogisme, ainsi que d’un livre en cours d’écriture.

Marie de Quatrebarbes (DR)

Entretien avec Marie de Quatrebarbes autour de Gommage de tête qui vient de paraître chez Eric Pesty éditeur : il y est question de boîte verte et tête coupée, de boules de billard cosmiques, de robinets, soit d’un usage sérieux comme ludique de référents cinématographiques ou artistiques, d’« emprunts et empreintes », de la composition même de ce livre depuis « des forces plastiques qu’on ne peut pas contraindre : C’est une matière dynamique, engagée dans de multiples essais de formes ».

Eric Losfeld

«Quand ce livre apparaîtra en vitrine des librairies, je suppose que 50% des acheteurs virtuels ne connaîtront pas mon nom (ça, c’est normal). 43 % diront : « Tiens, c’est l’éditeur porno, ça doit être croustillant », 5% diront : « Ah, Losfeld ! c’est l’éditeur qui a sorti deux ou trois bouquins rigolos ! ». Et 2 % seulement se souviendront que je suis un éditeur surréaliste ».
Ces lignes, Eric Losfeld les écrit dans les dernières pages d’Endetté comme une mule (1979) que les éditions Tristram rééditent en poche. En 2017, de toute évidence, lire ces Mémoires d’un éditeur, c’est redécouvrir le monde de l’édition des années 50 à aujourd’hui à travers une passion, dévorante, indissociablement littéraire et politique.