Avec Nos invisibles (Cambourakis, 2024), Charlotte Bonnefon tisse un récit onirique et fragmentaire où se croisent mémoires traumatiques, violences coloniales, exils et résistances féminines. Entre archives morcelées et motifs obsédants, ces mémoires entravées tourbillonnent et se cristallisent en une sensation à la fois intime et universelle. Le livre est un objet totem, mosaïque de silences et de fulgurances, qui interroge : comment représenter l’invisible sans le trahir ou le figer ? Notre entretien avec l’autrice explore la genèse de ce texte labyrinthique, son rapport aux archives, la symbolique du tissage, des plantes et du minéral, et la manière dont l’écriture peut devenir acte de réparation collective.