« J’ai laissé ma famille monter dans les étages, s’installer dans quelque chose, disons, d’inadmissible » énonce le narrateur à l’orée du nouveau livre de Bertrand Belin. « C’est au bas de cet immeuble, sur les quelques marches de ciment qui donnent sur le parking, que je me trouve depuis. » Depuis quoi ? Depuis que sa famille a emménagé dans un nouveau logement, et que le très petit garçon qu’il était alors a décidé de ne pas lui emboîter le pas. L’enfant a décidé de s’extirper de cette « machine à mal grandir » en prenant ses quartiers juste en bas de l’immeuble, s’installant dans une sorte de campement solitaire et sauvage de longue durée, où il est demeuré le temps de faire ses dents et de passer les étapes scolaires.