Présenté au du Cinéma du Réel et au festival du court-métrage de Brive, Presque un siècle de Pascale Bodet s’impose comme un des films les plus remarquables de ce début d’année. Filmant sa grand-mère entrée dans sa 99e année, la cinéaste livre avec une rare force un vibrant documentaire qui interroge notamment les frontières même du documentaire, de l’intime et du film de famille. C’est au retour de Brive que Siryne Zoughlami pour Diacritik est allée à la rencontre de Pascale Bodet.

Après le remarquable Tip Top où, suite au meurtre d’un indic, la police des polices matait et tapait, Serge Bozon retrouve Isabelle Huppert pour Madame Hyde, son puissant nouveau film qui offre sans doute l’un de ses meilleurs rôles à l’actrice. Elle y interprète en effet la fragile et effacée madame Géquil, enseignante dans un lycée technologique, qui peine à tenir sa classe mais qui, un jour, frappée par la foudre, va devenir l’inquiétante et électrisante madame Hyde. Fable sociale et politique, où la comédie disjoncte en permanence avec un certain fantastique, Madame Hyde se révèle un grand film sur l’éducation, le désir d’enseigner et la possibilité de transmettre des idées en un éclair. C’est à l’occasion de sa sortie demain sur les écrans et dans un contexte où les violentes réformes de l’éducation ne cessent de s’enchaîner que Diacritik est allé à la rencontre de Serge Bozon le temps d’un grand entretien pour évoquer Madame Hyde, sans conteste l’un des films de l’année.

Freddy Krueger, créature de Wes Craven

Alors que George Romero nous a quitté cet été et que John Carpenter vient de faire paraître un best of de ses meilleures bandes originales, l’occasion était toute trouvée pour Diacritik de revenir sur Wes Craven, l’un des autres maîtres de l’horreur en compagnie de l’un de ses spécialistes les plus avisés : Emmanuel Levaufre.
Dans son essai Wes Craven, quelle horreur ? paru chez Capricci, Emmanuel Levaufre propose non seulement une puissante lecture puissante du cinéaste de Freddy, les griffes de la nuit dont il fait un pionnier de l’horreur littérale mais il en profite pour tracer une histoire renouvelée du cinéma américain depuis les années 70. Autant de pistes inédites et stimulantes sur lesquelles Diacritik a interrogé l’essayiste le temps d’un grand entretien.

George Romero

En 1976, au cœur tourmenté de Martin, l’un des ses films les plus accomplis mais sans doute l’un de ses plus méconnus, George Romero laisse dans la bouche ensanglantée de son personnage de vampire, toujours déjà mort, toujours déjà vivant, plus zombie que vampire, comme un testament toujours inaccompli qui dirait, après sa mort, sa permanence cinématographique à être vivant. Après avoir commis le meurtre de cette femme qu’il surprend, lui-même surpris, au lit avec son amant et les avoir si violemment vidés de leur sang, le jeune vampire, adolescent en dissidence, glisse, en effet, à cet animateur radio auquel il se confie : « Je tue mais ce n’est pas comme dans les films de vampire, vous savez. Je rêve de mourir. Je suis un vampire qui rêve de mourir, un homme déjà mort qui attend de mourir. » Peut-être n’existe-t-il pas de plus lumineuse escorte à la mort aujourd’hui connue, révélée cette nuit, comme un écho à son œuvre, de George Romero qui vient, à 77 ans, de nous quitter en laissant derrière lui une œuvre cinématographique parmi les plus vives et neuves du dernier demi-siècle : zombie avant l’heure, vampire de tous les cinéphiles.