Le 22 mars dernier s’est tenue une soirée « Coïncidences », organisée par Maurice Olender et François Vitrani, à la Maison de l’Amérique latine, autour d’Edwy Plenel et deux livres, La Presse, le pouvoir et l’argent de Jean Schœwbel (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle ») et La Valeur de l’information (Don Quichotte).

Le 22 mars dernier s’est tenue une soirée « Coïncidences », organisée par Maurice Olender et François Vitrani, à la Maison de l’Amérique latine, autour d’Edwy Plenel et deux livres, La Presse, le pouvoir et l’argent de Jean Schœwbel (Seuil, « La Librairie du XXIe siècle ») et La Valeur de l’information (Don Quichotte). Le co-fondateur et directeur de Mediapart était accompagné de l’historien André Burguière, des journalistes Carine Fouteau et Claire Mayot, des éditeurs Stéphanie Chevrier et Maurice Olender. Au cœur de cette soirée, le refus de la marchandisation de l’information et un appel à l’« audace », aux « insolences » et aux « irrévérences », dans la lignée de Jean Schœwbel.

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Albert Londres en 1923

Au grand dam de ceux qui se verraient bien marigoter en toute impunité, il semble qu’il faille une fois encore convoquer Albert Londres qui, dans Terre d’ébène, La Traite des Noirs (Albin Michel, 1929) écrivait : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie ». Pour en rajouter une couche à l’intention des contempteurs du journalisme hexagonal qui regardent en ricanant le président Trump se torcher allègrement le fondement de ses idées torves avec le 1er amendement de la constitution qui l’a élu : on ne peut pas un jour encenser la liberté de la presse et le lendemain fustiger une profession tout entière…

Georges Foottit et le clown Chocolat
George Foottit et le clown Chocolat

La définition usuelle du patrimoine privilégie la transmission par le sang, par les ancêtres. Elle est à la base même de la non-reconnaissance, plus ou moins massive ou feutrée, de celles et de ceux qu’on ne reconnait pas comme étant du même sang ! Et cela comprend, bien évidemment, le patrimoine des arts et des lettres d’un pays donné. C’est l’occasion de réfléchir à cette notion et à son extension problématique tout au long du siècle dernier et au début de ce siècle. « Chocolat » – le film, les ouvrages et les articles à son propos –, est une bonne base d’illustration pour un débat qui ne pourra se clore tant qu’un Césaire, une Mariama Bâ ou un Mohammed Dib n’auront pas autre chose qu’un strapontin dans le concert des littératures de langue française. Ayons en tête les chemins divers pris par artistes et historiens pour réhabiliter le clown d’origine afro-cubaine, Rafael-Chocolat.