Il suffit d’une fracture du radius pour perdre sa droite et le nord – Quand la fracture se complique d’un nerf coincé dans un canal, ça part à vau l’eau – Son gauche n’en devient pas plus fort – Un gauche faible – Si gauche – Et c’est ainsi qu’on tourne autour de son nombril déplacé à bout de bras pour comprendre qu’écrire n’est pas qu’une affaire de cerveau – Qu’il s’agit d’un sport en tension cerveau-doigts sans passer par la case bouche en chœur et donc langue – Pas d’oral dans cette histoire, pas d’expression buccale – Juste une salade-soupe, mijotage, ébullition puis transformation – Des yeux aussi, ça c’est sûr, pour les espaces.

Apparemment, il n’y a rien de plus banal et de moins visible qu’un rond-point. Que dire sur les ronds-points à part leur fonction ? Pourtant, avec Tourner en rond – De l’art d’aborder les ronds-points, Jean-Michel Espitallier fait du rond-point un objet pour un langage poétique par lequel la poésie est redéfinie.