Dans l’arène ennemie, le beau, puissant et élégant volume d’écrits de Monique Wittig que publient les Éditions de Minuit, se lit comme une cartographie des combats auxquels a pris part l’écrivaine et théoricienne féministe et lesbienne née en 1935 et disparue en 2003. On ne peut s’empêcher d’entendre un écho avec deux autres titres : L’ennemi principal, article fondateur puis ouvrage en deux tomes de Christine Delphy qui a compagnonné avec Wittig aux débuts du mouvement féministe dans les années 1970 – avant une brutale rupture personnelle, politique et théorique –, et L’ennemi déclaré de Jean Genet, qui, comme Wittig, a interrogé les liens entre littérature et révolution radicale, et auquel l’écrivaine elle-même a pu se référer ponctuellement. Critique et entretien avec Sara Garbagnoli et Théo Mantion.