Photo : Olivier Roller

Ce vendredi, en présence de Nicole Caligaris, aura lieu en Sorbonne une journée d’études à l’initiative d’Alice Laumier et Aurore Labadie consacrée aux nouvelles anthropologies, et plus particulièrement à la manière dont la littérature du présent se saisit de la question des expériences limites.

Nombre de romans américains parus ces dernières semaines rappellent l’essor et l’âge d’or français de ce genre (XVIIIè-XIXè siècles), un avènement lié à sa capacité à absorber le chaos, à classer un réel qui dépasse tout entendement et à tenter, sinon de le comprendre, du moins de le penser.
Deux microgenres romanesques semblent dominants dans ces publications récentes : les physiologies et les dystopies qui mêlent science et fiction pour mieux pour embrasser, classer et dépasser le réel. Tour d’horizon avec Garth Risk Hallberg, Lionel Shriver, Wednesday Martin et John Feffer.

Eric Chauvier
Eric Chauvier

Il y aura d’abord eu un événement. C’est ainsi que commence le récit d’Éric Chauvier, comme autrefois Anthropologie : une rupture de familiarité, le sentiment d’une dissonance, quelque chose qui heurte et frappe le confort ou la routine de la conscience. Et cet événement, c’est la violence d’une altercation – « lynchage » selon l’auteur – : trois adolescentes agressent un homme. Un type, devrait-on dire, un prototype même, celui du hipster, qui concentre en lui toutes les rancœurs de classe et qui excite la violence.

Spécialisées dans la littérature de recherche, les éditions Mix travaillent depuis douze ans à la découverte et la publication d’auteurs dont les œuvres font exister des ruptures autant dans l’écriture que dans la théorie. Les livres des éditions Mix croisent ainsi plusieurs domaines mais toujours avec l’exigence de l’expérimentation et du nouveau. Rencontre avec Fabien Vallos et Antoine Dufeu pour un entretien où il sera question, entre autres, de littérature, de philosophie, d’esthétique mais aussi d’économie de l’édition, de néolibéralisme, d’avant-garde, de politique ou de technologie.

Sous le titre Le grand camouflage, Écrits de dissidence (1941-1945) (Paris, Seuil, 2009, puis 2015), Daniel Maximin a eu l’heureuse idée de réunir en un volume les articles rédigés par Suzanne Césaire dans la revue littéraire et culturelle martiniquaise Tropiques, durant les années de guerre. Heureuse et lumineuse idée car cette édition permet de (re)découvrir une voix féminine restée dans l’ombre, cachée derrière la présence solaire de son époux Aimé Césaire.