Trois figures et non deux sont au centre du dernier livre de Valérie Zenatti, Dans le faisceau des vivants : Aharon Appelfeld, Valérie Zenatti et leur amitié, elle aussi personnage d’un roman sous le signe de la rencontre. Cette rencontre n’est pas seulement celle d’un immense écrivain et de sa traductrice, c’est celle d’un homme et d’une femme qui vont partager récits, langues et silences, c’est une évidence, une amitié unique, de celles, rares, qui dépassent les catégories et que seule la littérature est à même de saisir.

Scholastique Mukasonga (C. Hlie, Gallimard)
Scholastique Mukasonga (C. Hélie, Gallimard)

Et je leur donnerai dans ma maison et dans mes murs
un mémorial (Yad) et un nom (Shem) qui ne seront pas effacés », Isaïe 56, 5.

L’œuvre de Scholastique Mukasonga pose trois grandes questions : d’abord l’identité littéraire de Scholastique Mukasonga. Dans la typologie des écrivains du génocide, est-elle témoin, survivante ou tout simplement descendante ?
puis la question de la forme narrative et du genre : dans la littérature du génocide rwandais, Scholastique Mukasonga privilégie-t-elle le témoignage ou la fiction ?
La troisième soulève la question du statut de la narration et de la fiction : ont-elles une valeur thérapeutique, testimoniale ou éthique ? Sont-elles des preuves ? Sont-elles des documents pour l’histoire et la mémoire du génocide ?