Il suffit d’une fracture du radius pour perdre sa droite et le nord – Quand la fracture se complique d’un nerf coincé dans un canal, ça part à vau l’eau – Son gauche n’en devient pas plus fort – Un gauche faible – Si gauche – Et c’est ainsi qu’on tourne autour de son nombril déplacé à bout de bras pour comprendre qu’écrire n’est pas qu’une affaire de cerveau – Qu’il s’agit d’un sport en tension cerveau-doigts sans passer par la case bouche en chœur et donc langue – Pas d’oral dans cette histoire, pas d’expression buccale – Juste une salade-soupe, mijotage, ébullition puis transformation – Des yeux aussi, ça c’est sûr, pour les espaces.

Dans La main de Tristan, la narration à la première personne rend le Je omniprésent. Pourtant, paradoxalement, le livre d’Olivier Steiner n’est pas centré sur le Je mais sur le Tu et le Il, ou le Elle, sur un Nous ou un On – sur un autre, une altérité tout aussi omniprésente qui entraîne le narrateur dans des variations répétées.