« Amélia avait tenté sa chance elle aussi dans ce nouveau Far West qu’étaient les Balkans à peine pacifiés. »

Cette phrase de Jakuta Alikazovic dans son troublant roman L’avancée de la nuit est une très bonne entrée dans le deuxième long-métrage de fiction de Valeska Grisebach, Western. Comme dans le beau Sehnsucht (Désirs) de 2006, il y a ici aussi des personnages qui se cherchent et se perdent, et, encore davantage, ceux qui tentent leur chance : the pursuit of happiness selon la fameuse Déclaration d’Indépendance des États-Unis.

Il suffit de lire les premières pages de l’Avancée de la nuit pour savoir qu’on va vivre une expérience littéraire peu commune. Tout d’abord le phrasé de Jakuta Alikavazovic, dense et limpide à la fois, qui s’insinue lentement dans le lecteur comme l’histoire des personnages eux-mêmes, Paul, Amélia, Albers ou Louise.