duras-petits-chevaux-tarquinia

Cuisiner avec Marguerite Duras toujours. Non plus des poireaux ou des steaks, mais des vongole, arrosés de Bitter Campari, à la mode Tarquinia.

« La chaleur lacérait le cœur. Et seule lui résistait, entière, vierge, l’envie de mer ». « Les bitter campari étaient frais et ils en burent deux tout de suite ».

Guillemets ouvrant— Bois un autre bitter campari, dit Diana. Je crois beaucoup au bitter campari.

(…)

Capture d’écran 2015-10-20 à 13.56.13
Dans Elle, chaque semaine, des fiches cuisine. Parfois les recettes sont celles d’écrivains, comme en janvier 2013, quatre fiches signées Jay McInerney. Qui sont directement parties dans un de ses livres (La Belle vie, forcément), sorte de marque-page d’un autre genre. Ce qui m’a permis de les retrouver (relativement) rapidement dans ma bibliothèque pour ce Books and Cooks du jeudi.

Œuvre de Miss. Tic, longtemps sur la porte arrière de la Hune, auj. disparue © Ch. Marcandier
Œuvre de Miss. Tic, longtemps sur la porte arrière de la Hune, auj. disparue © Ch. Marcandier

Nous connaissons tous sa recette de soupe aux poireaux simple mais parfumée et onctueuse, recette de mère nourricière mais aussi recette meurtrière. Car entre deux vouloirs, ne rien faire et faire une soupe, Duras trouve un moyen terme d’ordre existentiel, métaphysique : le suicide (voir la recette de « la soupe de poireaux » dans Outside, en fin d’article). Voilà qui bouscule sa recette vers une politique du texte qui est la sienne. En dehors de toute classification de genre. Duras n’écrit pas des recettes de cuisine, Duras fait de la Littérature. Tout le temps.