Jean-Claude Fignolé (DR)

« De quel côté qu’on regarde, la Caraïbe est explosion, de sueur et de sang (…) une imagination qui nous enchaîne et qui piège notre réalité: un collier d’îles qui s’enchaîne en plusieurs archipels. Des chaînes ? Comme si nous étions d’avance destinés à être crucifiés par la fureur tectonique. CRUCIFIE. Le seul vrai mot à propos de la Caraïbe, c’est : schizophrénie ».
Jean-Claude Fignolé Revue noire, « A Poetics of Schizophrenia »

« Des gestes de mort et de vie, d’extrême tendresse et de violence inouïe, qui fissurent la surface lisse et bouleversent le temps dans sa course annoncée » : tel est le pari de Gestuaire, le nouveau recueil poétique de Sylvie Kandé. Offrir un espace pour collecter les différents gestes et comprendre ce que signifie l’aventure poétique, l’ambition est vaste.

En février 2015, Ernest Pépin publie Le Griot de la peinture (Caraibéditions), sur un Basquiat, « décidé à tracer dans le chaos du monde le graffiti obscur d’un éclat d’existence dans une ville impossible ». En avril 2015, Pierre Ducrozet publie Eroica (Grasset) : au centre de son roman, celui qui voulut être Picasso et sera « Prométhée, Elvis, Charlie Parker, Lou Reed, Bob Dylan, John Coltrane. Il sera Andy Warhol. Mohamed Ali, Jack Kerouac. Ulysse. Superman. Héros, on vous dit ». Un soir au Night Birds, raconte Pierre Ducrozet, il rencontre une jeune serveuse. « Il la regarde, il sait que c’est elle ». Celle à laquelle Jennifer Clement consacre un livre La Veuve Basquiat (Bourgois, mars 2016), celle que Jean-Michel Basquiat comparaît à « un personnage de BD », Suzanne Mallouk. Portrait d’un peintre et d’un homme, « au confluent », comme l’écrit Ernest Pépin, des cultures et des arts, au confluent aussi de ces trois très beaux romans récents.