Dernières nouvelles du Cosmos

Le samedi 7 janvier 2017, l’Institut Médico-Educatif Amalthée de l’association ARISSE et le cinéma Le Chaplin de Mantes la Jolie organisent une projection-rencontre de Dernières nouvelles du Cosmos, documentaire éclairant et sensible réalisé par Julie Bertuccelli. Sorti en salle le 9 novembre dernier et salué par la critique, le film de l’auteur de La cour de Babel et de Depuis qu’Otar est parti… raconte le parcours d’Hélène Nicolas, autiste déficitaire qui n’a pas accès à la parole et dont l’habilité motrice est insuffisante pour écrire. Mais, alors qu’elle n’a jamais appris à lire, la jeune femme se révèle l’auteur d’œuvres d’une grande poésie sous le nom de plume de Babouillec SP (pour « sans paroles »).

Ivan Jablonka
Ivan Jablonka

On n’écrira plus le fait divers comme avant : avec cette enquête, minutieuse et documentée, Ivan Jablonka rend à l’événement minuscule et souvent relégué aux marges de l’histoire sa force de retentissement et sa puissance d’ébranlement. Si l’écriture du fait divers a une longue histoire et trouve dans l’essor de la presse au XIXe siècle un support qui en fait le rival et le modèle du roman, l’historien se livre là à une exploration des logiques souterraines à l’œuvre dans le meurtre de la jeune Laëtitia Perrais en 2011, dans les environs de Nantes. Misère sociale, violence masculine et manipulation politique sont les protagonistes clandestins de ce récit tragique d’« un monde où les femmes se font harceler, frapper, violer, tuer. »

FID Marseille

Il en va d’un festival comme d’une institution. Il comporte ses cadres, ses règles, ses codes, ses figures et ses objets. Les objets d’un festival de cinéma, ce sont les films. La communication d’un festival s’appuie sur eux, ce qu’on en dit et ce qu’on ne dit pas, leur accueil ou leur condamnation. Le FID est un festival à visage humain où chacun sent, je crois, que des films impliqués dans le monde contemporain attendent qu’on se tienne à la hauteur de ses effets sur nous. C’est une institution et un espace politique – plus qu’un espace de sélection. J’ai donc quitté mes réflexions du moment pour entrer dans des questions de cinéma et des questions politiques.

Capture d’écran 2016-02-22 à 09.29.56« Nous n’avions notre place nulle part, lui disait-il, aucun endroit sur terre ne voulait de nous » : cette phrase d’un Dernier refuge avant la nuit de Gwen Edelman (2002 dans sa traduction française) pourrait presque dire son second roman, Le train pour Varsovie qui vient de paraître chez Belfond : quarante ans après, deux survivants du ghetto de Varsovie reviennent sur les lieux qui ont vu leur vie basculer. Jascha et Lilka vivent désormais à Londres, lui est un écrivain célèbre, il a été invité à faire une lecture à Varsovie et Lilka a fini par le convaincre de s’y rendre, dans l’espoir qu’il leur soit possible de revenir en arrière et de mettre fin à une vie d’exil tout autant intérieur que géographique.