Katharine Viner, rédactrice-en-chef du Guardian, avec le nouveau format tabloïd, crédit The Guardian

Lundi 15 janvier 2018 sera désormais un landmark dans l’histoire du vénérable et respectable quotidien britannique The Guardian, fleuron de l’indépendance journalistique et de l’investigation sans concession. D’une part le site du Guardian a fait peau neuve de manière claire, innovante et attrayante, comme le montre ce lien, d’autre part la version imprimée passe définitivement au format tabloïd, qui, jusqu’à un passé assez proche, demeurait l’apanage de la presse populaire, populaire selon les deux acceptions, à savoir vulgaire et qui plaît malheureusement à une majorité de lecteurs ou présumés tels. Le Guardian abandonne le broadsheet et, donc, le format berlinois, et entend briser ce carcan et ce monopole, comme l’avait fait il y a quelques années The Times et feu The Independent, dont la version papier a été totalement abandonnée.

Terrain vague

Lancée en juillet 2015 par un somptueux et riche premier numéro, Terrain Vague s’affirme comme une revue borderline explorant, selon ses propres dires, les lisières du genre, du féminisme, de la pop culture et de l’art contemporain. Créant des rencontres inattendues entre plasticiens et philosophes, critiques d’art et graphistes notamment, Terrain Vague ne cesse d’interroger avec force expérimentations les identités queer dans leur multiplicité à l’instar du deuxième numéro paru il y a peu où la drag queen terroriste Christeene côtoie les hommes enceints de l’Antiquité. Diacritik a voulu revenir le temps d’un grand entretien sur le projet de la revue avec ses fondateurs et directeurs Anne Pauly, Antoine Pietrobelli, Pierre Andreotti et Adam Love qui se sont prêtés collectivement au jeu des questions.

Sans titre
La première « une » du 7 octobre 1986

Trente ans c’est très jeune pour mourir. C’est pourtant ce qui vient de se produire le 26 mars 2016. Il ne s’agit pas d’un humain mais de la version imprimée d’un journal, The Independent, et la majorité des salariés, journalistes, graphistes, techniciens et gestionnaires, doit ressentir une vive amertume et une profonde tristesse.