Jean-Luc Mélenchon

La séquence électorale qui s’est terminée avec le second tour des législatives aura vu l’émergence forte de deux partis dont les noms semblent tout droit sortis d’un brainstorming marketing : En Marche et La France Insoumise. Des deux côtés en effet, la connotation, c’est-à-dire les associations mentales possibles, est beaucoup plus forte que la dénotation, l’identification univoque de la place sur l’échiquier politique.

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Les féministes, en inventant la formule « Mon corps m’appartient », ont exprimé une façon de créer les conditions d’un rapport à soi et aux autres nouveau, mais aussi une nouvelle façon de faire de la politique. A l’inverse, le déferlement actuel, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’insanités du Printemps français, des Jeunesses nationalistes ou de la Manif pour tous, les discours actuels rejetant l’égalité des droits, la PMA, la GPA ou les Gender Studies, et de même les discours racistes, antisémites, identitaires, nationalistes, se rejoignent en un même mot d’ordre affirmant que mon corps n’est pas à moi, que mon corps est un objet énonçable, manipulable, utilisable par ceux qui s’érigent en maîtres de nos corps et par là reconduisent une politique de la domination, une politique violente et mortifère.