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Le dernier film de Michael Cimino est donc Sunchaser. C’est officiel et c’est dramatique. Figure tutélaire du nouvel Hollywood, au côté d’autres maîtres comme Scorsese, Spielberg, Lucas, Coppola, DePalma ou Friedkin, Michael Cimino incarna ce mouvement, jusque dans ses excès. Le succès de Voyage au bout de l’Enfer  fut l’un des sommets de cet âge d’or. L’échec des Portes du Paradis précipitant la chute de cette « politique des auteurs » au cœur de l’industrie hollywoodienne. La deuxième partie de sa carrière fut un long déclin : Un dernier grand film, un dernier film maudit, son premier film sans intérêt, son premier navet : Sunchaser. Il n’aura donc jamais réussi à réaliser son rêve d’adapter La Condition humaine  de Malraux. Accessoirement, il n’aura jamais réalisé mon rêve de cinéphile : le voir adapter La Route de Cormac McCarthy…

leo-xlargeIl est réconfortant de se rappeler que le système hollywoodien sait produire autre chose que des films pour ados, des adaptations de comics ou des poursuites en bagnoles (si possible avec des filles en short qui applaudissent). Déjà oscarisé pour Birdman, Alejandro Gonzalez Iñarritu est devenu l’un des meilleurs représentants d’un cinéma d’auteur commercial mais ambitieux, profondément ancré dans une tradition cinématographique.

L’histoire du cinéma ne se confond pas avec celle des images. L’histoire du cinéma, ce serait peut-être toujours l’histoire d’une image absente, d’une image manquante, d’une image négative, d’une image qu’on ne voit pas, d’une image qui fait défaut, d’une image à la fois absolue (sur-visible) et ultime (qui annulera toutes les autres) qui aurait valeur de totalité, qui serait en somme la clef du visible.