Philippe Beck

L’année 2018 s’est ouverte avec la parution de l’un des plus beaux recueils de poèmes de Philippe Beck, Dictées publié chez Flammarion dans la collection “poésie” d’Yves di Manno. Si, depuis Garde-manche hypocrite jusqu’à Opéradiques en passant par Chants populaires, la correspondance de la poésie avec les arts a toujours tenu chez Beck une place reine, jamais peut-être la musique, jouée au piano, n’avait-elle aussi étroitement dialogué que dans Dictées où, vers après vers, résonnent Bach, Scarlatti et La Fontaine. Diacritik a rencontré Philippe Beck le temps d’un grand entretien pour évoquer avec le poète ce nouveau et puissant recueil où la musique ne cesse plus de dicter des poèmes.

Peu mélomane, vais-je me risquer à évoquer le livre d’Aliocha Wald Lasowski, ce Jeu des ritournelles qui parle tout ensemble de musique, de philosophie et de littérature ? Deux aspects de ce bel ouvrage foisonnant m’y encouragent. C’est d’abord que, nourri de d’une vaste culture, ce livre ouvre un éventail assez large pour que je puisse y trouver des niches où me caser. C’est ensuite que, traitant de la ritournelle en musique classique et aussi populaire, il renvoie en maints endroits à des airs familiers, du Mariage de Figaro de Mozart au Boléro de Ravel et jusqu’à de simples berceuses. Et l’on y apprendra au passage que Gilles Deleuze se piqua d’entonner, lors d’une réunion savante, L’Hymne à l’amour de Piaf.

Argerich (Martha)

Martha Argerich, son jeu chamanique, la musique entre en transe. Schumann, Ravel, Chopin ventriloqués. Le clavier brûle, les quatre-vingt-huit touches transmutent l’enfance en gerbes d’eau et de feu.

Bifurcations

Quand on part avant d’arriver, quand on se grise de l’aléatoire, trois étoiles dans ses poches trouées.

Corps

Tant d’homonymes au corps qu’il migre dans des états post-anatomiques tandis que piaffent des tribus d’esprits en bandoulière.