Capture d’écran TF1.fr

La séquence est courte, quelques minutes à peine au cœur d’une émission qui dure 1h30, coupures publicitaires comprises. Cette émission, c’est Quotidien sur TMC, le seul show d’infotainment à la française digne de ce nom dans le paysage audiovisuel hexagonal. Cette séquence, visible sur le site de la chaîne, est un décryptage en règle du discours et de la méthode Marine Le Pen.

En ligne sur YouTube depuis le 13 avril dernier, la première de Recettes pompettesémission humoristique et culinaire produite par le studio Bagel, a déjà été vue 870 295 fois et compte 123 841 abonnements à l’heure où s’écrit cet article. Pour ceux qui auraient passé ces derniers jours loin de toute source d’information (radio, télé, web) ou seraient restés coincés aux abords de la place de la République, empêchés alternativement de rentrer chez eux par les citoyens de Nuit Debout ou par des CRS pressés de disperser les manifestants avant le coup d’envoi de l’élimination du PSG par Manchester City, retour sur la polémique qui a précédé et entouré la diffusion de l’émission de Monsieur Poulpe.

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Agoravox en 2005, Rue89 en 2007, Mediapart en 2008… En proposant à leurs lecteurs des contenus fournis par des rédacteurs « non professionnels » n’ayant ni carte de presse ni contrat de travail – et encore moins de rémunération – mais une simple connexion Internet (et un abonnement payant pour Mediapart), les tenants du journalisme citoyen, prompts à dénoncer aujourd’hui l’uberisation de l’économie voire de la société tout entière, ne seraient-ils pas les pionniers du phénomène ? Et de fait les médias en ligne n’ont-ils pas inventé l’uberisation du journalisme sous couvert du participatif ?