Russel T. Davies a-t-il capturé l’essence de 2019 pour en faire le matériau d’une série fascinante, violente et d’une effrayante acuité ? A la fois drame familial, série d’anticipation, contre-utopie, après un pilote époustouflant d’intelligence et d’intensité dramatique et avant sa conclusion le 18 juin prochain, Years and Years s’affirme comme le TV drama à même de prétendre au titre de meilleure série de l’année. 

Katharine Viner, rédactrice-en-chef du Guardian, avec le nouveau format tabloïd, crédit The Guardian

Lundi 15 janvier 2018 sera désormais un landmark dans l’histoire du vénérable et respectable quotidien britannique The Guardian, fleuron de l’indépendance journalistique et de l’investigation sans concession. D’une part le site du Guardian a fait peau neuve de manière claire, innovante et attrayante, comme le montre ce lien, d’autre part la version imprimée passe définitivement au format tabloïd, qui, jusqu’à un passé assez proche, demeurait l’apanage de la presse populaire, populaire selon les deux acceptions, à savoir vulgaire et qui plaît malheureusement à une majorité de lecteurs ou présumés tels. Le Guardian abandonne le broadsheet et, donc, le format berlinois, et entend briser ce carcan et ce monopole, comme l’avait fait il y a quelques années The Times et feu The Independent, dont la version papier a été totalement abandonnée.

Winston Churchill et Charlie Chaplin, le 19 septembre 1931, à Londres.
Winston Churchill et Charlie Chaplin, le 19 septembre 1931, à Londres.

La plage n’est certainement pas le premier lieu auquel on associerait spontanément Churchill et Chaplin. C’est pourtant sur le sable que les deux hommes se plaisaient à cheminer côte à côte pour converser, comparer, échanger leurs impressions quant à leurs projets et leur mal-être. Plutôt leur mal-être et leurs projets… Que tout ceci soit ou non véridique importe peu. Maniant habilement les outils de la vraisemblance historique, documentaire et narrative, Michael Kölmeiher nous invite à suivre les vacillements et rebondissements de ces deux grands hommes. Que pouvaient avoir en commun Winston Churchill et Charlie Chaplin ?

De ce côté-ci de la Manche, Alan Bennett n’est pas très connu, et c’est regrettable. En revanche, au Royaume-Uni, il est pratiquement incontournable et fait partie du décor culturel, du patrimoine intellectuel et des auteurs et dramaturges de référence. Né en 1934 à Armley, un quartier nord de Leeds, rien ne prédestinait Alan, fils unique d’un couple propriétaire d’une boucherie, à devenir un phare de l’intelligentsia britannique.

On savait depuis longtemps que les produits de restauration rapide vendues dans la chaîne des inventeurs de Harry ne sont guère recommandés ni recommandables pour la santé physique, on savait également que, sous couvert de terminologie plus que douteuse, les « équipiers » sont très souvent des salariés exploités et peu considérés, on sait aussi désormais que McDonald® n’est pas vraiment une source de renforcement démocratique pour les pays dans lesquels ils s’installent. Le 8 décembre 1996, le célèbre journaliste américain, éditorialiste au NYT et trois fois récompensé par le prix Pulitzer pour la qualité de ses enquêtes, Thomas Friedman, avait noté et remarqué, au terme d’un long travail d’investigation, que jamais, à la surface de la planète, deux pays qui ont des restaurants McDonald® ne sont entrés en guerre l’un contre l’autre.

 Brexit text with British and Eu flags illustration

Au cas, peu probable quand même, où on ne se souviendrait plus dans les chaumières du groupe anglais punk The Clash, formé en 1976 par Joe Strummer, Mick Jones, Paul Simonon et Nicky Headon, rappelons que le titre de cet article est emprunté à leur grand succès de 1982, Should I stay or should I go ? D’une part parce que le rythme est superbement endiablé, d’autre part parce que les paroles, fondées sur le devenir d’une relation sentimentale entre deux individus, ont pris une résonance prémonitoire dans la mesure où 1982 fut l’année du début du déclin du groupe et finalement de leur séparation. Vingt-quatre ans plus tard ces mêmes paroles prennent un tour que l’on pourrait aisément qualifier de politiquement cocasse, puisque le thème principal, la rupture, est à l’ordre du jour chez nos amis et voisins les Grands-Bretons.

© Dominique Bry
© Dominique Bry

Il ne s’agit pas d’une métaphore pour annoncer que les Grands-Bretons pourraient décider de quitter l’Union Européenne après le 23 juin, ont-ils été vraiment dedans jusqu’à présent ? Mais ceci est une autre affaire… Non il s’agit bien d’une question technique et matérielle qui va nécessiter une réparation qui s’étendra sur de longs mois à partir de janvier 2017 et qui privera les londoniens du célèbre carillon.

Capture d'ecran
Capture d’écran

The Queen’s Speech – littéralement le discours de la reine – est un évènement annuel d’un autre âge qui marque symboliquement (généralement en mai) le début de la session parlementaire au Royaume-Uni. Mais si le mot Speech est affublé d’une majuscule royale et majestueuse, ce discours n’est jamais celui de la reine, dont le rôle se réduit à celui de liseuse et de porte- voix monarchique (et cela depuis le XVIème siècle). Or, cette année, le poids des ans a tellement affaibli la voix d’Elizabeth II que le 18 mai 2016, en écoutant la dite gracieuse, que l’on avait l’impression d’entendre Prudence Petitpas annoncer les méfaits à venir de Benoît Brisefer, le gentil garnement conservateur. 

Le nouveau roman de Graham Swift, Mothering Sunday, A Romance est un objet de navigation permanente entre passé et présent, entre roman et nouvelle littéraire (132 pages), entre récit à la troisième personne et point de vue omniscient intrusif, entre aristocratie et classe ouvrière et entre guerre et paix. Le résultat est prodigieux, d’une part par le style vif, léger et d’une ironie mordante (la marque de fabrique de Graham Swift), et par la saisissante mise en scène en flashbacks qui émaillent le récit. 

The Rainbow Portrait, c. 1600–02, attrib. Marcus Gheeraerts the Younger

En 1570, le jeune William Shakespeare n’avait que six ans et le souverain, Elizabeth I, en était à sa douzième année de règne. Or, c’est en cette année-là, en mai précisément, que fut envoyée une bulle papale, puisque parmi les nombreux privilèges de la papauté figurait, bien avant l’émergence contemporaine de la BD, la création de bulles (extension métonymique de la boule de métal qui accompagnait le sceau papal lors de la publication d’un document officiel de l’église catholique pour en attester l’authenticité). Mais cette bulle-là non seulement ne fit rire personne, mais marqua un tournant historique dans l’histoire du Royaume-Uni, puisqu’elle officialisa l’éviction de l’Angleterre de l’Europe catholique, l’excommunication de son souverain, la reine Elizabeth I et la naissance de l’anglicanisme. 

Winston Churchill et Charlie Chaplin, le 19 septembre 1931, à Londres.
Winston Churchill et Charlie Chaplin, le 19 septembre 1931, à Londres.

La plage n’est certainement pas le premier lieu auquel on associerait spontanément Churchill et Chaplin. C’est pourtant sur le sable que les deux hommes se plaisaient à cheminer côte à côte pour converser, comparer, échanger leurs impressions quant à leurs projets et leur mal-être. Plutôt leur mal-être et leurs projets…
Que tout ceci soit ou non véridique importe peu. Maniant habilement les outils de la vraisemblance historique, documentaire et narrative, Michael Kölmeiher nous invite à suivre les vacillements et rebondissements de ces deux grands hommes.
Que pouvaient avoir en commun Winston Churchill et Charlie Chaplin ?