A fendre le cœur le plus dur, écrit par Jérôme Ferrari et Oliver Rohe, porte sur un ensemble de photographies prises par l’écrivain et journaliste Gaston Chérau en 1911, dans la Tripolitaine, en Libye, alors occupée par l’armée italienne et où Chérau est envoyé par le journal français Le Matin. A l’occasion de la publication en poche du livre, en Babel (Actes Sud), retour sur A fendre le cœur le plus dur, via un entretien avec les deux auteurs réalisé lors de la sortie du texte en grand format (Inculte).

Je viens de passer une semaine chez mes parents, à Tarbes. Ce fut une semaine chargée, très belle et bouleversante, j’étais là aussi pour rencontrer certains amis de Guillaume, un garçon que j’ai connu et aimé et qui s’est suicidé, pendu, à 32 ans chez lui à Lannemezan. Mais de ça, pas envie d’en parler dans l’immédiat. Peut-être plus tard, peut-être dans un livre. On verra.

Suite des entretiens d’Emmanuèle Jawad autour de « création et politique ». Après Véronique Bergen, Nathalie Quintane, Sandra Moussempès, Leslie Kaplan, Vannina Maestri, Marie Cosnay et Jennifer K Dick et Marie de Quatrebarbes, c’est aujourd’hui Liliane Giraudon qui évoque les implications poétiques et politiques de son travail.

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Les féministes, en inventant la formule « Mon corps m’appartient », ont exprimé une façon de créer les conditions d’un rapport à soi et aux autres nouveau, mais aussi une nouvelle façon de faire de la politique. A l’inverse, le déferlement actuel, sur les réseaux sociaux et dans les médias, d’insanités du Printemps français, des Jeunesses nationalistes ou de la Manif pour tous, les discours actuels rejetant l’égalité des droits, la PMA, la GPA ou les Gender Studies, et de même les discours racistes, antisémites, identitaires, nationalistes, se rejoignent en un même mot d’ordre affirmant que mon corps n’est pas à moi, que mon corps est un objet énonçable, manipulable, utilisable par ceux qui s’érigent en maîtres de nos corps et par là reconduisent une politique de la domination, une politique violente et mortifère.

 

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Valentin Schaepelynck, Anne Querrien et Jean-Claude Polack

La revue Chimères a été fondée par Félix Guattari et Gilles Deleuze en 1987. A partir des propositions théoriques et pratiques de ses deux fondateurs, elle se veut depuis presque 30 ans un lieu de développement et d’expérimentation de rapports inédits entre psychanalyse, philosophie, art et politique. Cet entretien avec Jean-Claude Polack, Anne Querrien et Valentin Schaepelynck est aussi l’occasion de revenir sur le parcours et la démarche foisonnante de Félix Guattari.