Après l’épique Autour du monde qui interrogeait en 14 voyages et autant d’histoires le tsunami de 2011, Laurent Mauvignier était revenu, en 2016, avec sans doute l’un de ses plus beaux romans : Continuer qui vient de paraître en poche.Racontant l’histoire de Sibylle cherchant à sauver son fils Samuel depuis un voyage à cheval au cœur du Kirghizistan, Mauvignier offre une puissante fable politique sur la France contemporaine jetée dans un temps troublé et déchiré de haines.
Diacritik avait rencontré Laurent Mauvignier le temps d’un grand entretien pour évoquer avec lui ce roman. Retour.

L’image de Lemmy et de son haussement d’épaules pourrait indiquer que la situation est insoluble. Pourtant il s’agit de sauver des choses perdues, de réparer des occasions manquées. Godard est souvent plus tranchant dans ses propos que dans ses films. « Il n’y a plus d’Allemagne » (épisode 5) veut dire faire son deuil de l’Allemagne de son adolescence, qui de toute manière renvoie aussi à une famille bourgeoise dont il ne partage pas ou plus les valeurs. Il n’y a pas que des « images condensées » (Theweleit), il y a aussi des « personnages condensés ».

Laurent Mauvignier
Laurent Mauvignier

Après l’épique Autour du monde qui interrogeait en 14 voyages et autant d’histoires le tsunami de 2011, Laurent Mauvignier revient en cette rentrée 2016 avec sans doute l’un de ses plus beaux romans : Continuer. Racontant l’histoire de Sibylle cherchant à sauver son fils Samuel depuis un voyage à cheval au cœur du Kirghizistan, Mauvignier offre une puissante fable politique sur la France contemporaine jetée dans un temps troublé et déchiré de haines.
Diacritik a rencontré Laurent Mauvignier le temps d’un grand entretien pour évoquer avec lui ce roman qui s’impose déjà comme l’un des plus importants de l’année.

On ne sait si rendre hommage à une personne décédée est s’efforcer de la faire malgré tout présente – malgré la frontière infranchissable de sa mort, malgré son absence définitive, à jamais irréversible, malgré son oubli –, ou s’il s’agit de manifester son absence, de rendre présente son absence, de manifester sa mort qui est toujours la mort et donc, aussi, la manifestation de sa vie, de la vie, d’une vie.