Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.
Clément Bénech (chemise blanche) et Olivier Steiner, dans le salon de Camille Laurens un soir de 31 décembre, quelque part avant minuit.
Olivier Steiner : Alors, cette grasse mat, terminée ?

Clément Bénech : Oui à peu près !

OS: Sorti hier soir ?

CB : Non, écrit et lu (Rosset, L’Invisible)

OS: Bien ! Good boy ! ça doit te plaire, Rosset, j’imagine bien que ça te plaise.

OS:  C’est français « j’imagine bien que ça te plaise ? », j’ai comme un doute soudainement.

CB: Haha je suis très fan oui… ça me semble français, ça me choque pas !

OS: Bon. Tu sais qu’on est pas tout à fait seuls en ce moment ?

CB: Dans l’univers tu veux dire ?

OS: Oui, ça, déjà, c’est sûr, c’est même certain. Mais dans cette fenêtre de tchat non plus. Je pense à Diacritik tu sais, j’aimerais publier un dialogue avec toi, de l’écriture courante comme aurait dit l’Autre. Et puis ça fait des lustres qu’on se s’est pas vus, pas vraiment parlés….

Photo Bruce Wayne, Flou
Photo Bruce Wayne, Flou

Pourquoi, la question. Duras a longtemps été ma réponse. Pourquoi, la réponse. Duras sera toujours la question. Depuis le début Duras et ses phrases magiques, inaugurales. Phrases qui reviennent en boucle, écrites tracées sur la crête des mots, phrases tatouages sur une peau de lecteur ébloui : On écrit sur le corps mort du monde, corps mort de l’amour. Écrire c’est arriver avec la crise au bout de la crise.

Fairyland ou « notre royaume enchanté », « notre féerie », le San Francisco des années 70, cet espace aux « frontières mouvantes » dans lequel Steve Abbott, poète, homosexuel, militant, éleva sa fille Alysia. Devenue écrivain, Alysia raconte leur histoire bouleversante dans un livre, Fairyland, qui tient des mémoires, de l’enquête identitaire et politique, du cahier de photographies, dessins, lettres, poèmes.

Diacritik continue même en vacances… Cette semaine, vous avez pu lire des articles sur Manuel Candré, mais aussi le « Deleuze aujourd’hui » de Manuel Candré, aller au cinéma avec Lelouch et Jacques Tati, comprendre « pourquoi le saut des baleines« , regarder d’un autre œil les polices de caractère, mais aussi Pierre La Police, redécouvrir Laurent Jenny ou Poppy Z Britecuisiner une dinde avec Fitzgerald, et aller à New York et même « sous les couvertures » avec Alban Lefranc.

Tara Lennart, poursuivant notre grande entreprise de découverte des membres de la Newsroom de manière oblique, a décidé de détourner les questionnaires portraits robot des sites de rencontre. Pour, explique-t-elle, « ces questions bateau destinées à donner une idée de la construction d’image de la personne derrière un pseudo aléatoire. Avec un peu d’humour et de cynisme, car ne soyons pas trop sérieux : tout n’est que littérature ».

Le ring invisible est le roman d’une genèse : celle de Cassius Clay, boxeur génial devenu Mohamed Ali en même temps que bien d’autres choses. Le livre s’intéresse aux débuts du boxeur, à sa formation, son apparition – on pourrait dire sa naissance, puisque Cassius Clay nait un jour dans le corps du jeune Cassius, s’y développe comme une forme de vie nouvelle, une force inédite.

Le Centre Pompidou expose l’œuvre de Dominique Gonzales-Foerster jusqu’au 1er février 2016, un labyrinthe temporel (« Dominique Gonzalez-Foerster. 1887-2058 »), spatial (une trentaine d’œuvres entre la Galerie Sud, les terrasses du musée et l’atelier Brancusi) et intertextuelle tant l’œuvre de l’artiste est nourrie de cinéma, de littérature, de musique et d’architecture. Extension de l’exposition et œuvre à part entière, Marienbad électrique d’Enrique Vila-Matas paraît aux éditions Bourgois. L’ensemble forme un diptyque fascinant, jeux de miroirs entre deux artistes, deux univers, deux manières d’interroger la création, en conversation, dans une double mise en espace de strates qui se superposent, se conjuguent, se répondent.