La ville fond, de Quentin Leclerc, est un livre centré sur l’écriture, sur l’exploration de son espace, de ses strates, de ses mouvements. Le fil rouge narratif est simple : différents individus tentent de rejoindre une ville que pendant un temps ils ne parviennent pas à rejoindre. Mais si on le résume ainsi, on rate le livre et déjà un des effets de l’écriture, à savoir : rendre le monde étrange, étranger.

Image de La chute de la maison Usher (1928) de Jean Epstein

Au cours de ces dernières années, le GIF, cette image qui se répète indéfiniment, s’est massivement répandu dans les communications sur internet, particulièrement depuis le 29 mai 2015, date à laquelle Facebook l’a intégré et a rendu possible son partage. Il est l’un des formats d’image les plus populaires d’internet avec le JPEG et le PGN. Au regard du nombre d’utilisateurs, cette nouveauté a pris un tournant exponentiel pour ce médium surtout rattaché jusqu’à présent à une pratique marginale de « geek » qui se popularise, que ce soit au niveau de sa création (facilitée par logiciels) ou de sa diffusion.

 

Des jours et des nuits sur l’aire, Isabelle Ingold
Des jours et des nuits sur l’aire, Isabelle Ingold

Des jours et des nuits sur l’aire, d’Isabelle Ingold, est un film particulièrement beau et intelligent. Esthétiquement beau et intelligent. Politiquement beau et intelligent.

Le lieu unique du film est une aire de repos d’autoroute en Picardie. Unité de lieu donc, mais pas unité de temps, semble-t-il, puisque ce qui est filmé est une succession de jours et de nuits. A moins que l’unité de temps, ici, ne soit donnée, justement, par cette succession : le temps insiste, omniprésent dans sa répétition, immuable dans son écoulement. C’est le temps comme événement, implacable, le temps comme destin.

James Joyce

« Alors que la belle forme classique se referme sur elle-même, et fait ainsi retour, qu’elle est en elle-même le retour, il est essentiel à l’écriture joycienne de placer le motif cyclique sous la règle de son dérèglement et de son inconsistance (…). L’aventure est dans la langue, sa prolifération, sa dispersion, l’affranchissement de ses horizons » (Jean-François Lyotard).