Pierre Etaix (photo : Marc Etaix)

Pierre Etaix, né en 1928, vient de mourir à l’âge de 87 ans, annonce sa femme à l’AFP. Complice de Jacques Tati (il avait réalisé l’affiche de Mon Oncle avant de devenir son assistant-réalisateur), fasciné par le monde du cirque, Pierre Etaix restera comme un homme orchestre du rire : réalisateur, acteur, clown, dessinateur, affichiste, réalisateur, gagman et auteur.

 

Massimo Troisi

Quand on demandait à Massimo Troisi, pourquoi il tournait peu de films et jouait peu de rôles au cinéma, il répondait : « Cela tient en gros à deux raisons : la paresse et la pudeur. Ou mieux, une paresse contaminée par la peur de la banalité et de la superficialité : toutes les histoires que j’invente me semblent toujours très limitées et inutiles ». On voit bien qu’à travers cette crainte d’être submergé par la banalité, le lieu commun, le trivial, le déjà vu, se dessine une ligne de conscience critique. Troisi, comédien, cinéaste et metteur en scène, montre ainsi son insatisfaction face à soi-même et à la création. Une insatisfaction qui est une constante chez l’homme qu’il est, comme une maladie. Et c’est bien de cette attitude que son œuvre est empreinte, cette attitude qui dénote et connote un style aussi bien qu’une aspiration artistique et intellectuelle. Ce n’est pas un hasard si son modèle culturel était Pasolini.

La rumeur enfle sur la croisette, elle n’étonne personne : au soir du Palmarès 1977, le jury présidé par Roberto Rossellini a choisi un film italien comme Palme d’or. Ettore Scola peut feindre la surprise, il a entendu les tonnerres d’applaudissements à la fin de la projection, il a lu une critique presque unanime. Réalisateur en vogue, prix de la mise en scène pour Affreux, sales et méchants, il attend la palme. Personne ne semblait se souvenir de l’autre (grand) film italien de la compétition et, à la surprise générale, ce sont les frères Taviani qui remportent la palme pour Padre Padrone. Une journée particulière entre dans la légende des grands oubliés du festival.

Il reste qui ? Ermanno Olmi ? Bertolucci ? Bellocchio bien sûr… Peut-être… Cela ne change rien, tout le monde l’aura compris : avec la mort d’Ettore Scola, c’est bien l’âge d’or du cinéma italien qui s’est définitivement éteint ce mardi. Alors attention, le cinéma italien n’est pas mort, il faut être Français et critique de cinéma pour penser le contraire. Moretti, Tullio Giordanna, Bellocchio, Amelio, Sorrentino : le cinéma italien est bien vivant.
Mais l’âge d’or vient de se terminer.