Kaouther Adimi (DR)

Edmond Charlot fait partie de ces libraires-éditeurs pionniers qui eurent, dans les années 30, l’idée novatrice de se lancer dans l’aventure d’un projet complet qui associait l’édition de livres et leur commercialisation dans un espace appelé librairie, conçu aussi comme un lieu culturel avec expositions de tableaux, rencontres culturelles et prêts de livres. A l’instar du corse José Corti qui, fonda, en 1936, à Paris, une librairie, centre de résistance intellectuelle pendant l’occupation allemande, et une maison d’éditions qui publia, entre autres, André Breton, René Char, Julien Gracq, Lautréamont, Gaston Bachelard, Edmond Charlot créa sa librairie, sous le nom de Les vraies richesses,  lui aussi, en 1936, mais à Alger. Les deux se sentaient aussi bien découvreurs de talents que passeurs.

René Farabet

La disparition de René Farabet, ce mardi 20 juin, suite à une “longue maladie”, ne fera probablement pas beaucoup de bruit, tant cet art qu’il pratiquait avec exigence a été, quasiment depuis ses origines, relégué dans les marges de la radio : toléré, parfois admiré, mais jamais – ou rarement – mis en avant par celles et ceux qui auraient le pouvoir de le faire, au point où les deux mots qui viennent à l’esprit quand on songe à l’idée de “création radiophonique ” sont : inactuel et résistance (mais, comme on le sait, ces deux mots sont synonymes).

Leili Anvar

Il y eut les Ateliers de la Création Radiophonique (ACR) produits et agencés par Philippe Langlois et Frank Smith, il y eut Les nuits magnétiques et Du jour au lendemain produits et portés par Alain Veinstein, il y eut Les affinités électives de Francesca Isidori, Carnet nomade de Colette Fellous, c’est maintenant Les discussions du soir de Leili Anvar – cette émission était le prolongement des Racines du ciel de Frédéric Lenoir et Leili Anvar – qui sont appelées à disparaître des ondes de France Culture. La nouvelle vient de tomber comme un couperet aussi froid que numérique, on appelle ça un mail de remerciement.