Tous les déplacements ne sont pas des métaphores mais des vies sacrifiées, perdues ou retrouvées à la faveur d’exils. Telle serait peut-être la loi secrète qui préside à un questionnement sur la cité qui pourrait privilégier ici la question des peuples manquant à eux-mêmes, des hommes perdus hors de leurs pays et des hommes en errance pour un monde autre qui décide de contrevenir à la tyrannie et de fuir à toute force l’oppression.

Chocolat © Jean-Philippe Cazier

Avec Rencontrer Looloo, le groupe québécois Chocolat affirme encore davantage l’éclectisme musical déjà présent dans les albums précédents. Si la tonalité générale est rock, voire punk, s’y mêlent également le jazz, le psyché, le Kraut, la ballade, le hard, etc. Le résultat n’en est pas pour autant un pêle-mêle d’influences juxtaposées : grâce à un travail d’arrangement recherché, à l’agencement fin de styles différents à l’intérieur des morceaux, à l’énergie que les musiciens insufflent à chaque composition, aux articulations fines de ces compositions, aux performances vocales impeccables de Jimmy Hunt, l’ensemble rend cohérents des genres musicaux éloignés et les soutient d’une même intensité. Les textes elliptiques, absurdes et souvent drôles, ont comme fil rouge l’histoire d’un dieu venu de l’espace, arrivant sur la Terre au milieu d’une humanité perdue. Si l’histoire, plus évoquée que racontée, semble inspirée de certains aspects du rock psyché ou glam, d’un univers de bd, de la trash-tv pro-ovnis, elle en reprend les éléments de manière à la fois ironique et délirante tout en laissant l’image d’une humanité à la dérive, raccrochée à un sauveur qui ne sauve de rien.
Rencontre avec les cinq musiciens actuellement en tournée – la formation originale ayant été un peu modifiée pour cette tournée – et entretien avec trois des membres de Chocolat : Emmanuel Ethier, Christophe Lamarche-Ledoux et Jimmy Hunt

Nombrils-couv-1200

Les Nombrils, ce trio féminin qui fait les beaux jours des éditions Dupuis depuis maintenant bientôt dix ans, est né au Québec en 2004 sous la plume de Dubuc et sur la palette graphique de Delaf. Initialement publiées dans Safarir (magazine d’humour québécois aux faux airs de Mad), les aventures des Nombrils ont rencontré le succès en France dès 2006 avec la parution de Pour qui tu te prends ? Depuis, leur succès ne se dément pas, preuve en est avec la parution du tome 7, Un bonheur presque parfait, publié à 170 000 exemplaires.