Sans titre1

Notre époque se vante d’avoir conquis toutes les libertés, mais elle n’a jamais autant tenu du stalinisme. L’état d’urgence permanent, l’omniprésence de la menace terroriste, les interdictions de circuler ou de manifester données sur ordre des renseignements, l’interdiction de manifestations syndicales et leurs autorisations parodiques, cernées par la police, mènent la vie dure au mythe républicain.

 

Des jours et des nuits sur l’aire, Isabelle Ingold
Des jours et des nuits sur l’aire, Isabelle Ingold

Des jours et des nuits sur l’aire, d’Isabelle Ingold, est un film particulièrement beau et intelligent. Esthétiquement beau et intelligent. Politiquement beau et intelligent.

Le lieu unique du film est une aire de repos d’autoroute en Picardie. Unité de lieu donc, mais pas unité de temps, semble-t-il, puisque ce qui est filmé est une succession de jours et de nuits. A moins que l’unité de temps, ici, ne soit donnée, justement, par cette succession : le temps insiste, omniprésent dans sa répétition, immuable dans son écoulement. C’est le temps comme événement, implacable, le temps comme destin.