Partons d’un commun proverbe que l’emballage des Carambars attribue à Confucius : « Quand le sage montre la lune, le singe (ou l’idiot ?) regarde le doigt ». Je me suis toujours demandé ce qu’on y reprochait au singe. Qu’est-ce qu’il a à faire de la lune qu’un vieil homme prétend qu’il admire ? Je pourrais sans beaucoup d’effort lui prêter plusieurs motifs d’aimer mieux regarder le doigt que le terne satellite. La première qui me vient : qu’en bon disciple d’Épictète, il fasse plus grand cas de la beauté du geste que du but entrepris. La seconde, tout aussi plausible : qu’il ait lu à ses heures perdues les ouvrages fondamentaux de la « nouvelle critique » et sache, à propos du poème, que ce qu’il prétend montrer (crépuscule, femme, combat…) n’est que l’alibi de son exercice. Puisqu’en ce dimanche il pleut des adages, voici un autre truisme : « Le sujet du poème, c’est le poème » — ou, dans la traduction de Barthes : le passe-temps favori de la littérature (moderne) est de se montrer du doigt.

Le Musée archéologique de Naples a inauguré la semaine dernière une exposition intitulée Amours divins (Amori divini) qui aura cours jusqu’au 16 octobre 2017.
Du riche trésor pompéien jusqu’au répertoire de l’époque moderne, les commissaires proposent un parcours consacré au double motif de la rencontre amoureuse entre les hommes et les dieux et des multiples métamorphoses qui se produisent au confluent de ces deux mondes antagonistes.

Probable transcription de l’engouement contemporain pour les chats, ces derniers semblent aussi prendre une importance grandissante dans les films. De celui qui filait systématiquement des mains de Oscar Isaac dans Inside Lewin Davis des frères Cohen, à la loufoque Pandora qui ne cessait de s’échapper elle aussi de celles d’Isabelle Huppert, dans L’Avenir de Mia Hansen-Løve, ils constituent un ressort scénaristique à valeur humoristique assurée. C’est avec un certain cynisme que Paul Verhoeven se réapproprie cette tendance en ouvrant son film Elle avec un plan sur le charmant animal de compagnie qui regarde, imperturbable, le viol de sa maîtresse Michèle (Isabelle Huppert) dans son salon.

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Un homme pressé, et sans doute blessé. Pour qui nous avons pris le train. L’homme de Phèdre, des Paravents, d’Hamlet, de La Dispute, d’Intimité. Qui révéla Koltès au grand public. Un homme en recherche, questionnant, curieux, ouvert sur les arts, tous les arts, qui dit s’être construit des autres, de ses rencontres* : « apprendre ce que je ne sais pas, d’une certaine façon à devenir la personne que je ne suis pas encore ». Cet homme rare s’appelait Patrice Chéreau.