Aussi remarquable que passionnant : tels sont les deux termes qui viennent immanquablement qualifier le nouvel essai de Jacques Rancière, Le Temps du paysage qui vient de paraître à La Fabrique. A la croisée des 18e et 19e siècles, Le Temps du paysage identifie et cristallise ce moment dans l’histoire au cœur duquel le paysage ne renvoie plus à une simple question d’aménagement mais vient profondément affecter les sens et les critères de la beauté et de l’art. Ce moment de bascule dans la conception de la nature ne manque pas de faire plus largement écho à notre temps en nous posant la question de l’écologie. Autant de raisons pour Diacritik de rencontrer le philosophe et de l’interroger le temps d’un grand entretien sur son essai, sur sa méthode sans oublier l’écologie, la ZAD et le bac blanquer.

Anne Cauquelin
Anne Cauquelin

Il y a beaucoup de pierres dans le jardin d’Anne Cauquelin, c’est elle qui le dit, avant d’ajouter : « et c’est bien sous les pierres que l’on débusque les lièvres, car, disons-le, ce n’est pas le lièvre qu’on soulève mais la pierre qui jusque-là le cachait ». De sorte que « lever un lièvre » reste une façon commode mais assez impropre de dire qu’on vient d’apercevoir un truc qui mérite — ou réclame — d’être pisté. Une façon de dire surtout, fût-ce de travers, la joie d’avoir soudain un objet à penser.

Ferme, Abbadia, tirage  argentique, 2011, © Anne-Lise  Broyer, courtesy La Galerie Particuliere Paris
Ferme, Abbadia, tirage argentique, 2011, © Anne-Lise Broyer, courtesy La Galerie Particuliere Paris

A l’occasion de son exposition actuelle à La Galerie Particulière (75003), Anne-Lise Broyer présente ici les enjeux de sa création, son rapport à Duras, au paysage, au daguerréotype, à la matité et au neutre, et bien sûr à la photographie et au dessin.