rankbrain-googleIl y a longtemps quelque part dans les déserts on a dit que le verbe s’était fait chair, la suite s’appelle l’Histoire. La suite s’appelle aussi Vladimir et Estragon qui parlent sans discontinuer depuis environ 96 heures. Cette phrase pourrait être du Beckett si elle ne venait de Californie en 2017.
En effet, Vladimir et Estragon sont deux enceintes Google équipées de moteurs d’intelligence artificielle (deux IA) et voici qu’elles conversent depuis vendredi dernier, enthousiasmant les millions d’internautes qui suivent en live l’improbable dialogue. Vous avez bien compris, les IA se parlent de manière autonome, sans discontinuer car nul besoin de dormir, idem nulle sensation d’ennui, a priori.

L’abécédaire de Patrick Varetz, écrivain, auteur de Jusqu’au bonheur (2010), Bas Monde (2012), Premier mille (2013), Petite vie (2015), tous publiés chez P.O.L, et plus récemment de Modigliani, une bonté bleue (Invenit, coll « Ekphrasis »), à paraître à l’occasion de la rétrospective « Modigliani, l’œil intérieur » au LaM (du 27 février au 5 juin) : Modigliani, une bonté bleue sera en vente au LaM dès le début de l’exposition, puis en librairie à la mi-avril.

31GKw-47uuLFond de l’œil : le titre du livre d’Amaury Da Cunha pourrait sembler poétique (il l’est), faire aussi bien référence à La Chambre claire de Roland Barthes qu’à L’Œil écoute de Paul Claudel mais il renvoie surtout à un trauma d’enfance, « cet examen médical qui s’appelle le fond de l’œil » : « Un idiot de médecin avait prédit à ma mère que vers l’âge de quinze ans je perdrais la vue ».
L’enfant myope, aux yeux vairons, est devenu photographe, perpétuant ainsi une lignée.

Amaury da Cunha publie de Petites histoires de photographies, un Fond de l’oeil sensible et au paradoxe fascinant : un livre sur la photographie, sans aucune image sinon celles que le texte rappelle ou lève dans l’imaginaire du lecteur.