Si Enki Bilal n’a rien perdu de sa fascination pour les ruptures, le chaos n’intéresse pas l’auteur de la trilogie des éléments, de la tétralogie du monstre et réalisateur de Bunker Palace Hotel et Tykho Moon. Après le BUG initial paru en 2017 —  premier tome d’un « cinq-shots » selon les mots de l’auteur rencontré vendredi dernier —, BUG 2 paraît aujourd’hui chez Casterman, promesse d’une série au long cours (en librairies et sur vos écrans).

Image de La chute de la maison Usher (1928) de Jean Epstein

Au cours de ces dernières années, le GIF, cette image qui se répète indéfiniment, s’est massivement répandu dans les communications sur internet, particulièrement depuis le 29 mai 2015, date à laquelle Facebook l’a intégré et a rendu possible son partage. Il est l’un des formats d’image les plus populaires d’internet avec le JPEG et le PGN. Au regard du nombre d’utilisateurs, cette nouveauté a pris un tournant exponentiel pour ce médium surtout rattaché jusqu’à présent à une pratique marginale de « geek » qui se popularise, que ce soit au niveau de sa création (facilitée par logiciels) ou de sa diffusion.

En janvier dernier, Sylvain Bourmeau publiait Bâtonnage, texte inclassable, sortant la littérature de l’intrigue comme le journalisme du flux ininterrompu de nouvelles sans relief, manière de raturer ce qui excède pour faire naître une altérité radicale, un sens nouveau, une forme proprement inédite, comme le soulignait Jacques Dubois.

Où lire ? Où écrire ? Ainsi est formulée l’interrogation d’Anne Savelli dans son livre nativement numérique Des Oloé, espaces élastiques où lire où écrire (mai 2011) paru aux éditions D-Fiction. Le lieu où on lit et la position de notre corps sont des questions qui se posent de nouveau avec la lecture numérique.