Christophe Pellet par Marc Castro
Christophe Pellet par Marc Castro

Dans Aphrodisia, le dernier texte publié du cinéaste et dramaturge Christophe Pellet, le théâtre est le lieu par lequel des logiques autres se déploient – logiques du corps, de la parole, de la pensée en rupture avec celles par lesquelles nous sommes investis d’habitude. Le théâtre est un rapport de forces, l’émergence de forces qui résistent mais aussi créent leur propre dynamique, leurs propres évasion et invention.

Marc Allégret, André Gide (1920)

C’est à la fois une consécration et peut-être la pire chose qui puisse arriver à un auteur : se retrouver au programme du baccalauréat. C’est presque plus encombrant encore que la symbolique du prix Nobel qui n’a pas fini de l’accabler, ce pauvre Gide. Des élèves – des élèves de la filière littéraire ! – vont se pencher sur ses œuvres, les disséquer, les étudier les maltraiter, les « incomprendre ». S’il ne s’agissait que de leur être injuste, de les trahir, de les dévoyer, passerait encore. Ce serait même certainement ce qu’il faut leur imposer : la seule postérité qui vaille, celle qui échappe à la muséification de la pensée. Mais, forcément, il y aura aussi du polissage, du recadrage, de l’abrasion, du blanchiment – de la récupération bienpensante universitaire et institutionnelle. Et là, bien-sur, ça sera douloureux. Ou amusant.