Marc-Antoine Serra © Jean-Philippe Cazier

A l’occasion de son exposition à Paris, A backroom is a backroom is a backroom, à la Galerie Arnaud Deschin, rencontre avec le photographe et vidéaste Marc-Antoine Serra pour un entretien où il est question, entre autres, d’images et de littérature, de désir, de Walter Benjamin et de Roland Barthes, de Marseille, de Cézanne, de BD, d’imaginaire, d’Instagram, de jeunesse ou de solitude.

Après Ce texte et autres textes (Al Dante, 2015), Jean-Philippe Cazier interroge la possibilité même de l’écriture dans L’La phrase. L’. Acteur de la dépossession, le titre L’La phrase. L’, en sa subversion du prononçable, en son bégaiement créateur, traduit une écriture par le milieu, sans début ni fin, et ouvre un questionnement sur les puissances nomades, disruptives de la langue.

Gérard Wajcman
Gérard Wajcman

Comme si la chose allait mieux une fois dite, l’usage éditorial veut que figure sous le titre d’un livre la mention de son appartenance. L’usage aime le genre. Ainsi du mot roman. Avant même d’entamer la lecture, ignorant tout de ce qui en constituera l’expérience, aura-t-on vu ce mot qu’un horizon se tracera pour laisser supposer ce qui nous attend.
Ce pourrait être le cas au vu de l’élégante couverture bicolore de format carré du livre qu’on vient de lire, qu’on a posé devant soi avec cette conviction, rare et troublante, qu’il est de ceux qui ne se referment pas. Le mot roman s’y trouve effectivement, écrit en petites lettres noires enlevées sur un gris pâle, juste au-dessous du titre, L’interdit, lui-même suivant le nom de son auteur. Un nom inscrit là sobrement, sans prénom, exposé, comme livré à lui-même, confié à un passage d’encre noire sur fond blanc.

Amandine André et AC Hello photo : JP Cazier
Amandine André et AC Hello photo : JP Cazier

Amandine André et A.C. Hello font partie des nouvelles écritures du champ poétique contemporain, un champ où elles s’inscrivent et qu’elles redéfinissent de manière singulière – quitte à s’interroger sur leur appartenance à quelque chose qui serait la poésie.
Rencontre et entretien fait de croisements entre la littérature, la politique, la performance, la langue et ses dehors, la danse, la lecture, Danielle Collobert, la bibliothèque verte, Deleuze ou Bukowski.

Laurent Mauvignier
Laurent Mauvignier

Après l’épique Autour du monde qui interrogeait en 14 voyages et autant d’histoires le tsunami de 2011, Laurent Mauvignier revient en cette rentrée 2016 avec sans doute l’un de ses plus beaux romans : Continuer. Racontant l’histoire de Sibylle cherchant à sauver son fils Samuel depuis un voyage à cheval au cœur du Kirghizistan, Mauvignier offre une puissante fable politique sur la France contemporaine jetée dans un temps troublé et déchiré de haines.
Diacritik a rencontré Laurent Mauvignier le temps d’un grand entretien pour évoquer avec lui ce roman qui s’impose déjà comme l’un des plus importants de l’année.

Julieta

Attraction dans une abstraction purement plastique, intriguant défi de reconnaissance de formes, le premier plan de Julieta sur un linge plissé couleur rouge sang, légèrement mouvant, est certainement tout autant l’ouverture du film que celle de son personnage principal, convoquant l’imaginaire attaché à un cœur battant, à une respiration, à une blessure, à un vagin, ou simplement le sentiment d’une exploration viscérale du vivant.

Jeu1

Paru en 2013 et développé par le studio américain Galactic Café, The Stanley Parable est presque un jeu vidéo — on le décrit habituellement comme une fiction interactive. Nous pensons pour notre part qu’il s’agit d’un jeu vidéo critique. L’ironie mordante du titre annonce d’emblée un récit aux proportions bibliques, porté par un héros tout à fait commun. De fait, le jeu nous propose d’incarner le plus modeste employé d’une entreprise anonyme.