Un jour de mars, un messager des étoiles publiait les résultats de ses observations célestes : il racontait des massifs montagneux présents sur la lune, d’un nombre d’étoiles inimaginable dans le ciel, des planètes qui tournent autour de Jupiter… Les rapports entre monde terrestre et monde céleste seront révolutionnés : l’imperfection terrestre sera projetée par ce livre jusque dans les astres, le monde deviendra d’un coup plus large et corruptible, la perfection et la causalité divine tomberont des cieux. Ce nouveau regard porté sur le ciel déterminera une révolution dans la conception du monde et le dépassement d’un système de pensée : le monde moderne est en train d’ouvrir le ciel. Ces observations furent effectuées pendant les nuits de l’automne et de l’hiver 1609 et 1610, grâce à des lunettes astronomiques plus puissantes, inventées par un auteur sidéral, Galilée. Le livre, Sidereus Nuncius, était écrit en latin et sera publié le 12 mars 1610.

Le 14 avril 1988, les accords de Genève marquent la fin de la première guerre d’Afghanistan. Quatre jours plus tard, Pierre Desproges s’éteint et ça ne surprend plus personne. Aurait-on dû y voir un lien de cause à effet ? On ne le saura jamais même si on peut penser que oui,>     juste pour rigoler. Trente plus tard ou presque, Desproges par Desproges vient de paraître aux éditions du Courroux (sous l’égide de Perrine Desproges et Cécile Thomas), recueil de textes, d’inédits, d’archives personnelles. Le tout pour le prix de cinq paquets de cigarettes neutres avec une photo de poumons goudronnés pour faire plus pimpant.