D’un côté de la chaîne de la mort industrielle, des centaines d’animaux, étourdis, tués, dépecés, mis en barquette ; de l’autre une armée d’hommes et de femmes en blouses blanches, charlottes ou casques, dont le rôle est justement d’étourdir, tuer, dépecer, mettre en barquettes.
« Qui se soucie des damnés de la viande ? », demandait récemment Geoffroy Le Guilcher dans son impressionnant livre-enquête Steak Machine, centrant justement son regard sur l’intérieur de ces abattoirs fermés au regard, objet d’une véritable omerta, et sur les « hommes-crabes » qui y travaillent. C’est aussi l’objet du documentaire de Manuela Frésil qu’Arte diffuse cette nuit — et comment ne pas regretter cette heure de diffusion ? — Entrée du personnel.