Paris, janvier 1907 : c’est dans le contexte d’un débat national sur l’abolition de la peine de mort qu’intervient un crime odieux, l’affaire Soleilland, le meurtre d’une petite fille de onze ans. Exploité par la presse, le fait divers aura pour conséquence une parenthèse de plus de 70 ans avant le vote, en France, de l’abolition de la peine capitale, illustrant le lien quasi consubstantiel entre le meurtre d’enfant et ce type de peine. Quatrième volet de la série « Fait divers, l’Histoire à la une », ce documentaire exceptionnel met en perspective deux contextes historiques, via deux affaires centrées sur le meurtre d’un enfant et deux débats aux conséquences diamétralement opposées, l’affaire Soleilland et l’affaire Patrick Henry.

Crédit : LaDépêche.fr

C’est une question de forme(s). Au singulier, celle d’une tribune parue le 7 septembre 2017 dans le New York Times. Au pluriel, celles mises par les médias français qui ont repris le texte dans leurs colonnes en chapeautant à la va-vite ou à l’aune d’une politique du clic pour le moins questionnable. BFM TV qui titre « « Président raté », « ego démesuré » : une tribune dans le New York Times assassine Macron » ; LaDépêche.fr « Dans une tribune au vitriol, le New York Times juge Emmanuel Macron comme un président raté » ; Vanity Fair « Échec et mat, le New York Times assassine Emmanuel Macron dans un édito » (le titre a été changé depuis, NDLR) ; RTL.fr « « Un président français raté » : Emmanuel Macron se fait épingler dans le New York Times »… et la toile qui ne fait pas partie des idolâtres de la « macronerie » (sic) de s’enflammer, de relayer, de tweeter et retweeter, de « liker » ou « plussoyer » à l’envi.

Le second épisode de la série Faits divers à la une (Arte), diffusé juste après Roswell, se déroule cinquante ans plus tard, sous un pont parisien. C’est ce moment que Robert McLiam Wilson, dans une tribune récente publiée dans Libération, a qualifié de « triomphe du rien », expression qui dit bien le paradoxe oxymorique d’un fait en apparence sans importance pourtant susceptible d’un emballement infini, en ce sens passionnant parce qu’il révèle nos imaginaires, nos constructions fictionnelles comme un moment de l’histoire sociale.

Action LGBTQI devant le CSA

Depuis plusieurs jours, une stratégie de pinkwashing se met en place dans les médias. Quelques dizaines d’annonceurs, qui jusque-là avaient richement financé l’émission TPMP, se découvrent des valeurs, une morale, affirmant que l’épisode du piège tendu par Hanouna à des hommes gays serait contraire à ces valeurs. Ces entreprises qui payaient pour que leurs publicités soient diffusées durant l’émission se retirent, drapées dans un Rainbow Flag, mettant un terme au financement de TPMP. Pourtant, cet épisode n’est pas un « dérapage », selon le mot utilisé dans la presse pour atténuer la charge de la critique, un accident différent de ce qui se passe d’habitude dans l’émission : il n’est qu’un moment d’une série continue de propos et de mises en scène homophobes et sexistes.

L’émission d’Hanouna, pourtant regardée par des millions de téléspectateurs, n’en est pas moins une vieille poubelle jouissant de ses propres remugles. La vulgarité permanente et gratuite – on est loin de l’art anarchiste du professeur Choron – y est omniprésente, les séquences machistes et homophobes s’y enchaînent, délivrant un discours qui, de manière primaire et « décomplexée », réactive sur le mode du langage et de la représentation la violence symbolique, matérielle et physique qui règne à l’égard de catégories de la population toujours objectifiées et infériorisées. L’émission d’Hanouna légitime cette violence – et n’en reste pas elle-même au niveau du symbolique et de l’image mais présente des passages à l’acte. On se souvient, par exemple, du « baiser » subi par une jeune femme forcée de se soumettre à Hanouna et à un de ses chroniqueurs. On pense aussi à la violence psychologique permanente qui est exercée sur certains des collaborateurs, contraints de se rabaisser chaque jour davantage pour exister quelque part dans le PAF et toucher leur chèque à la fin du mois.

En janvier dernier, Sylvain Bourmeau publiait Bâtonnage, texte inclassable, sortant la littérature de l’intrigue comme le journalisme du flux ininterrompu de nouvelles sans relief, manière de raturer ce qui excède pour faire naître une altérité radicale, un sens nouveau, une forme proprement inédite, comme le soulignait Jacques Dubois.

Les questions portées par le mouvement LGBT sont étrangement absentes de la campagne électorale autant que des discours médiatiques. En même temps, les thèmes LGBT reviennent en force dans la bouche des opposants à l’égalité des droits, qu’il s’agisse de certains politiques ou de mouvements réactionnaires ayant émergé à la faveur de la légalisation du mariage pour tous.

« Fabuleuse Angot », « Abjecte Angot » : tels étaient les deux expressions qui, hier soir, porté d’enthousiasme ou de détestation, ont couru sur les réseaux sociaux (le lieu du canapé télévisuel) pour venir qualifier tour à tour sinon parfois conjointement le débat ou plutôt l’attaque de Christine Angot devant François Fillon sur France 2. Peut-être plus que la prestation tantôt spectaculaire tantôt minable pour certains, tantôt littérature pour les uns, tantôt mortifère pour les autres, il s’agit sans doute de revenir sur ces réactions mêmes qui, plus qu’Angot elle-même, disent dans quel état nous sommes et dans quel état la télévision quand elle se veut politique nous met.

Capture d’écran TF1.fr

La séquence est courte, quelques minutes à peine au cœur d’une émission qui dure 1h30, coupures publicitaires comprises. Cette émission, c’est Quotidien sur TMC, le seul show d’infotainment à la française digne de ce nom dans le paysage audiovisuel hexagonal. Cette séquence, visible sur le site de la chaîne, est un décryptage en règle du discours et de la méthode Marine Le Pen.

Poète marquant de la scène poétique actuelle, croisant travail poétique, performance et musique, écrivain, batteur, auteur notamment du Théorème d’Espitallier, (Flammarion), Tractatus logo mecanicus, Army (Al Dante), De la célébrité : théorie et pratique, (10/18), Salle des machines (Flammarion), France Romans (Argol), Tourner en rond : de l’art d’aborder des ronds-points (PUF), Jean-Michel Espitallier livre avec Syd Barrett – Le rock et autres trucs un ovni sidérant, portrait croisé des Sixties et de Syd Barrett, le génie foudroyé, le fondateur de Pink Floyd.

livres

Par Emmanuel Schwartzenberg.

Pour tout dire, dans l’hémicycle européen, personne ne s’y attendait. Le rapporteur de la commission culture du Parlement qui a adopté une proposition de directive réformant le droit d’auteur a rédigé des amendements qui vont à contre courant de la position française exprimée depuis des années aussi bien par la majorité que par l’opposition. Marc Joulaud veut étendre le champ d’exclusions du droit d’auteur afin de le soustraire à toute régulation.

Rassemblement, de Judith Butler, interroge les rapports du corps et du politique, la dimension politique des foules et des manifestations. Ainsi, ce livre repense un certain nombre d’idées rattachées au corps et au politique mais aussi l’espace public et les conditions du sujet politique. Judith Butler y développe des analyses particulièrement fécondes du social et de la cohabitation selon une logique de la relation et de la vulnérabilité qui ouvre à une conception renouvelée du politique et de la vie.

Mais quelle mouche a donc piqué Diacritik de publier dans la nuit de samedi à dimanche (à minuit trente, pour être précis), un article signé Johan Faerber, révélant que Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon s’étaient longuement vus, la veille, au Moai Bleu, restaurant chilien en plein Paris ?
Retour sur le premier scoop d’un jeune journal culturel, fondé en septembre 2015, et explications sous forme de notes à la volée, pour répondre à quelques commentaires.