Les quatre saisons (Le quattro stagioni en pizzaiolo dans le texte), est le nom donné aux quatre concertos pour violon composés par Antonio Vivaldi, célèbre compositeur vénitien passé à la postérité avec cette œuvre légendaire qui a fait le bonheur et la fortune des marchands de compilations musicales autoroutières, faisant régulièrement entrer le mouvement Allegro non molto dans le Top 50 des musiques d’attente au téléphone. Mais ce n’est pas le sujet.

Tout a commencé jeudi 21 mars 2019 vers 19h00 quand j’ai posté ce tweet assez simple escorté des portraits de Marx et Freud : « Le nouveau programme de Terminale en philo vient de tomber : deux notions disparaissent et non des moindres : le Travail et l’Inconscient. C’est-à-dire Marx et Freud : qui a dit que la « réforme » Blanquer n’était pas idéologique et orientée politiquement ? ».

Le journaliste Les Français peints par eux-mêmes
Le journaliste, Les Français peints par eux-mêmes

Tout commence par un Avertissement, ce qu’est d’une certaine manière l’ensemble du Monde libre d’Aude Lancelin : une mise en garde adressée à une presse toujours plus muselée — par le poids des annonceurs sur le contenu éditorial, par les financiers qui possèdent les principaux titres, par la pusillanimité de quelques directeurs de publication et autres rédacteurs en chef aux ordres, par un pouvoir politique qui s’immisce lui aussi dans les colonnes du supposé quatrième pouvoir. L’avertissement est d’abord ici de ceux qui précèdent parfois les fictions : expliciter que cette fable et « les personnages » qui la composent sont bien réels, qu’il « n’est pas une phrase, pas un fait qui ait en quoi que ce soit été inventé ou même déformé ». Tout part d’une expérience, douloureuse, celle d’Aude Lancelin, directrice adjointe du Nouvel Observateur avant son licenciement en mai 2016 : « je fus acculée, puis liquidée ». C’est à partir de cette fin que le livre est écrit, mais il est moins un témoignage, ou pire une justification, qu’une charge contre les dérives du système médiatique français, il est une expérience ressaisie en signe.

Depuis quelques jours, la polémique enfle autour de l’œuvre de Goin. Les réactions outrées se multiplient avec de nombreux arguments mêlant la lutte contre le terrorisme, le refus du mépris de la police, les problèmes plus graves ou plus urgents. Je crois qu’il y a quelque chose de grave et d’inquiétant qui se joue ici et je me permets quelques réactions rapides et à chaud.