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Dans Elle, chaque semaine, des fiches cuisine. Parfois les recettes sont celles d’écrivains, comme en janvier 2013, quatre fiches signées Jay McInerney. Qui sont directement parties dans un de ses livres (La Belle vie, forcément), sorte de marque-page d’un autre genre. Ce qui m’a permis de les retrouver (relativement) rapidement dans ma bibliothèque pour ce Books and Cooks du jeudi.

Œuvre de Miss. Tic, longtemps sur la porte arrière de la Hune, auj. disparue © Ch. Marcandier
Œuvre de Miss. Tic, longtemps sur la porte arrière de la Hune, auj. disparue © Ch. Marcandier

Nous connaissons tous sa recette de soupe aux poireaux simple mais parfumée et onctueuse, recette de mère nourricière mais aussi recette meurtrière. Car entre deux vouloirs, ne rien faire et faire une soupe, Duras trouve un moyen terme d’ordre existentiel, métaphysique : le suicide (voir la recette de « la soupe de poireaux » dans Outside, en fin d’article). Voilà qui bouscule sa recette vers une politique du texte qui est la sienne. En dehors de toute classification de genre. Duras n’écrit pas des recettes de cuisine, Duras fait de la Littérature. Tout le temps.

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Résumé des épisodes précédents : Diacritik ne recule devant rien pour contenter ses lecteurs avec la mise en ligne aujourd’hui d’un podcast maison pour celles et ceux qui nous suivent outre-Quiévrain et en Angleterre (c’est une autre paire de Manche) et n’ont pu voir l’interview réalisée par Delphine Japhet pour France 3 (si, si, vous avez bien lu, France 3) et l’émission Un Livre Un jour 2.0.

Dans les dernières images traversées d’obscurité de La Captive, sans doute l’un de ses plus beaux films, pareil à un cristal de douleur, Chantal Akerman laisse l’écran vide, le fait se perdre hagard dans la solitude d’une nuit sans trêve, de celle qui vient à la jeune Ariane, l’Albertine dont Simon perd le fil, qui se jette, elle de sa toute sa solitude, dans une mer d’encre noire où de son nom ne résonnent plus que les vagues qui l’emportent.

Nous voici enfin au seuil de la dernière pièce, la représentation se termine. Avec le lieu le plus intérieur sans doute, le plus intime certainement, le plus chargé, aussi, puisque, dans l’univers de Thomas Clerc, la chambre est indissociable d’un autre Dans ma chambre, signé Guillaume Dustan (et rappelons que Thomas Clerc publie les Œuvres complètes de Dustan aux éditions P.O.L.)

Capture d'écran d'un reportage d'Arte chez Thomas Clerc
Capture d’écran d’un reportage d’Arte chez Thomas Clerc