Diane Von Furstenberg

Valentino

Le temps a passé et tu t’es retournée pour voir ce qu’il en était. Tu m’as dit : Viens voir, regarde, l’érable pousse et la vigne bourgeonne… Le temps a passé et nous sommes en avril… Mai. Le printemps que l’on espérait est arrivé, du moins dans le calendrier, les jours étirent leur bras du matin au soir, la bise laisse place à la brise, parfois, mais le soleil est encore frais. Alors oui, le temps a passé et sur nos corps, au taquet, s’apprêtent d’importantes collections d’impressions : des feuilles des fleurs des bois, de la verdure pour le futur.

Tu regardes les défilés de mars en pensant que ce sera un nouvel automne, un nouvel hiver, tu me dis : déjà !  Parfois il arrive que celui-ci ne nous a pas encore vraiment lâchés.

Bruce McLean
Bruce McLean, 1971, photo Tanya Leighton Gallery, Berlin

Bruce McLean est un artiste écossais qui est à l’art en général ce que le couteau suisse est au bricolage rapide. On trouve tout dans le travail et l’œuvre de McLean, et il a, jusqu’à présent, abordé tous les domaines, peinture, sculpture, céramique et collages. Il s’est aussi aventuré, brièvement, jusqu’à l’écriture. Il est considéré comme une figure majeure de l’art britannique contemporain. Depuis le 15 avril jusqu’au 15 mai il expose à la galerie londonienne For Arts Sake (littéralement, pour l’amour des arts), dans Bond Street, à l’ouest de la capitale entre les quartiers de Southall et Ealing, tout près de l’université de West London. Et il a intitulé son exposition An Exhibition of Myself, ce qui résume assez bien son approche de l’art. 

Jenny Diski
Jenny Diski

La romancière britannique Jenny Diski est morte jeudi 28 avril 2016, cruellement vaincue par la maladie. C’est une perte considérable dans le paysage de la fiction de langue anglaise. Si son travail n’a jamais été l’objet d’une récompense majeure, ses romans, ses nouvelles, ses essais et, surtout, ses carnets de voyage lui avaient donné non seulement le respect de ses pairs et des ses lecteurs, mais aussi une place particulière. Dix-huit publications au total, dont douze romans et six essais de non-fiction, parmi lesquels Stranger on a Train, qui lui avait valu le Thomas Cook Travel Book award en 2003. Elle forçait l’admiration et l’affection non seulement par son cheminement personnel chaotique, mais également par son style limpide, dont Rainforest (1987, Penguin) est un exemple brillant et enthousiasmant, et s’il faut retenir un ouvrage dans l’œuvre de Jenny Diski, ce sera celui-ci, en raison de son caractère novateur et de la langue utilisée, une merveille. 

Mtrain : 18 stations dans la « carte de l’existence » de Patti Smith, un voyage à travers les bars, cafés — elle qui a toujours rêvé de tenir le sien — et lieux qui l’ont inspirée, prétexte à l’évocation d’un univers littéraire, poétique, intime, puisque, comme l’écrit Wittgenstein, cité dans le livre, « le monde est ce qui arrive » et c’est bien ce monde tel qu’il advient que consigne Patti Smith, « zombie optimiste », « noircissant des pages somnambuliques ».

Gandhi à Londres en 1931
Gandhi à Londres en 1931

LInde est à la fois un pays millénaire et une très jeune démocratie, débarrassée du joug du colonialisme depuis peu. La célébrissime et excellente BBC Radio 4 a consacré à l’histoire de l’Inde deux séries d’émissions intitulées Incarnations: India in 50 lives, par le biais de la vie de cinquante personnalités marquantes, depuis Bouddha jusqu’aux milliardaires contemporains, qui ont façonné ce pays depuis l’indépendance, le 15 août 1947, et au cours des 2.500 ans qui ont précédé. 

Emma Thompson at the end of The People’s Climate March, central London, Photograph: Laura Lean/PA
Emma Thompson at the end of The People’s Climate March, central London, Photograph: Laura Lean/PA3

Emma Thompson et Benedict Cumberbatch sont des acteurs britanniques de très grand talent, connus et reconnus, non seulement au Royaume-Uni mais également désormais dans le monde entier. Ils sont l’un et l’autre, bien malgré eux, au cœur d’une polémique étrange et singulière. 

George Martin et Paul McCartney dans les studios d’Abbey Road en 1966, photo David Graves Rex / Shutterstock
George Martin et Paul McCartney dans les studios d’Abbey Road en 1966, photo David Graves Rex / Shutterstock

George Martin est mort, hier mercredi 9 mars 2016, et a donc rejoint deux de ses protégés et amis, John Lennon et George Harrison. Il avait eu 90 ans le 3 janvier. Il fut l’élément déclencheur qui mit la fusée des Fab Four sur orbite. Ingénieur du son et producteur chez Parlophone, il accepta de produire le premier disque des Beatles.  

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Balzac ouvrait Illusions perdues par l’histoire de Jérôme-Nicolas Séchard, en une fresque gourmande de l’argot typographique (les « ours », les « singes »), des presses, encres et papiers : le livre débute dans ses coulisses et sa machinerie, l’imprimerie, avant de parcourir tout l’espace du livre, des libraires (terme désignant alors les éditeurs) aux journalistes en passant par les écrivains dans l’étendue de leur typologie (ceux enfermés dans leur tour d’ivoire, radicaux ; ceux prêts à toutes les compromissions). Mais tout, dans Illusions perdues, est en rapport au monde du livre, jusqu’au clin d’œil ironique de Balzac qui croque un personnage d’imprimeur lié aux lettres jusque dans la forme de son nez, en « A majuscule corps de triple canon » ou son… sale caractère.

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En 2014, Kerry Hudson publie son premier roman, Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, un livre au ton singulier, entre réalisme cru et poésie pop. En 2015, son second roman, La Couleur de l’eau, est couronné par le prix Femina. C’est le lendemain même de la remise de ce prix que nous avons rencontré la romancière écossaise pour un long entretien.

James Donovan (Tom Hanks) suivi par un agent de la CIA
James Donovan (Tom Hanks) suivi par un agent de la CIA

Dans le magistral et ultime tome de La Maison Cinéma et le monde consacré au crépusculaire mais flamboyant moment Trafic de sa vie bientôt abruptement achevée, Serge Daney livre, depuis le terrible foudroiement de la pensée que la claire imminence de la mort rend inéluctable, une définition du cinéma énoncée dans un parfait cristal de vérité : « Le cinéma est l’art du présent, c’est-à-dire l’art de ce qui a été présent au moins une fois. » Force est de reconnaître, à regarder Le Pont des Espions, le dernier film de Steven Spielberg qui sort ce mercredi, qu’une telle formule du cinéma fondée sur l’expression absolue d’un sentiment du présent n’emporte aucune image, ne traverse aucun plan, n’habite aucune scène d’un film qui fait du Passé, élevée à la terrible majuscule de statue du Commandeur, sa valeur refuge, sa zone anomale, son repli ultime, son art à valeur de contresens ardent du monde : où, pour Spielberg, la salle de cinéma devient le bunker d’un cinéaste aveugle.