Frappe aérienne drone

Un jour de juin, Michael Turner entre clandestinement dans la maison de ses voisins et amis, les Nelson. Il va provoquer – malgré lui ? – un drame, la mort d’une enfant. Le lecteur ne s’explique pas pourquoi Michael s’attarde devant des photos de famille, regarde longuement des dessins d’enfants, avant de peu à peu comprendre le poids du deuil sur la vie de Michael. Sa femme, Caroline, « correspondante à l’étranger pour une chaîne américaine », a été tuée, un an plus tôt, lors d’un reportage au Pakistan ; victime d’une frappe de drone, ce qu’en vocabulaire mediatico-politique on appelle un « dommage collatéral ». Depuis, Michael vit dans un présent impossible : « Caroline était morte et il s’était retrouvé seul avec la coquille vide de cette réalité entre les mains, privé d’elle et de l’homme qu’elle avait fait de lui. »

Comment le livre imprimé peut-il résister à la montée en puissance du numérique ? Comment expliquer, qu’à l’heure d’Internet et des livres sur liseuses et écrans, on puisse encore construire un générique de documentaire sur des images de lecteurs plongés dans un livre papier, sur des marches au cœur d’une ville, dans les transports en commun, au fond d’une librairie ?

© Dominique Bry
© Dominique Bry

Il ne s’agit pas d’une métaphore pour annoncer que les Grands-Bretons pourraient décider de quitter l’Union Européenne après le 23 juin, ont-ils été vraiment dedans jusqu’à présent ? Mais ceci est une autre affaire… Non il s’agit bien d’une question technique et matérielle qui va nécessiter une réparation qui s’étendra sur de longs mois à partir de janvier 2017 et qui privera les londoniens du célèbre carillon.

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En mai 1967, le festival de Cannes, qui n’avait pas encore planté les germes de sa confortable petite rébellion microcosmique et cinématographique de 1968 sur la Croisette, décerna son grand prix à un réalisateur italien, Michelangelo Antonioni, qui avait déjà atteint une grande notoriété avec sa trilogie, L’Avventura (1960), La Notte (1961) et L’Eclisse (1962). Mais, cette fois d’une part Antonioni avait abandonné son Italie natale pour le Londres des années 1960, d’autre part il avait opté pour une adaptation, celle d’une nouvelle littéraire d’un auteur argentin exilé à Paris (où il mourra en 1984 et sera inhumé au cimetière du Montparnasse), Julio Cortazar.