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Faire un journal, c’est d’abord une affaire de choix, ne pas succomber à la tentation du copier-coller racoleur, éviter les titres «à la manière de» (suivez mon regard). Et même si au sein de la rédaction certains revendiquent haut et fort l’influence de lectures passées et affichent un goût certain pour les mots et leurs jeux… petit florilège de manchettes qui auraient pu voir le jour sur Diacritik. Mais en fait, non. Attention, il y a un piège.

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En 1986, le parti de Jean-Marie Le Pen obtient 35 sièges à l’Assemblée et la jeunesse emmerde encore le Front National. Au plus fort de la première cohabitation, le président François Mitterrand refuse de signer plusieurs ordonnances ministérielles (sur la flexibilité du temps de travail notamment) et s’oppose publiquement à son premier ministre Jacques Chirac sur la loi Devaquet. Cette année-là décèdent Simone de Beauvoir, Coluche, Thierry Sabine et Daniel Balavoine. Et Malik Oussekine.

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Parce qu’« un bon titre, c’est un titre qu’on ne voit pas » (Claire Carrard, éditrice), parce que l’exercice est difficile et parfois à double tranchant, et si les jeux de mots n’étaient pas des pets de l’esprit, mais plutôt de Damoclès ? En rassemblant des titres et surtitres d’articles, de unes ou de brèves parus entre 1973 et 2015 dans le quotidien Libération, Hervé Marchon a non seulement synthétisé ce qui relève déjà de la réduction, du raccourci qui fait sens, mais il a surtout mis en lumière ce qui est la signature Libé : un art certain du titre.

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Agoravox en 2005, Rue89 en 2007, Mediapart en 2008… En proposant à leurs lecteurs des contenus fournis par des rédacteurs « non professionnels » n’ayant ni carte de presse ni contrat de travail – et encore moins de rémunération – mais une simple connexion Internet (et un abonnement payant pour Mediapart), les tenants du journalisme citoyen, prompts à dénoncer aujourd’hui l’uberisation de l’économie voire de la société tout entière, ne seraient-ils pas les pionniers du phénomène ? Et de fait les médias en ligne n’ont-ils pas inventé l’uberisation du journalisme sous couvert du participatif ?

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Guillaume Bouzard est très certainement l’un des auteurs les plus drôles de la bande dessinée actuelle. L’auteur de Mégabras, de Moi Bouzard, de Mum is dead (entre autres) enchaîne les collaborations avec Fluide Glacial, Spirou, Le Canard Enchaîné, So Foot, Libération et collectionne les récompenses : prix Jacques Lob, Grand Prix Quai des bulles, prix Schlingo… Il était donc logique qu’il s’attelle à une tâche plutôt ardue : « célébrer » à sa manière le centenaire de la bataille de Verdun avec une BD poilue et poilante…

Que reste-t-il de la cinéphilie, à l’heure où paraît le quatrième volume des écrits réunis de celui qui a longtemps incarné le cinéphile par excellence : Serge Daney – décédé il y a vingt-trois ans ? Quelles sont ses lignes de force et ses lignes de partage, ses acteurs et ses théories, ses lieux et ses engouements ? Telle est la question que la revue Segnocinema, équivalent des Cahiers du cinéma, a posé à Laurent de Sutter à l’occasion de son numéro de novembre. Il y a répondu avec le texte ci-dessous, dont nous présentons la version originale française.