Mariam Al Ferjani dans La Belle et la meute de Kaouther Ben Hania

« Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées ».

La réplique bien connue de Tartuffe (III, 2), tournait dans ma tête en lisant ces temps-ci, en cette rentrée 2017, le nouveau roman de Fouad Laroui, L’Insoumise de la porte de Flandre ou les essais de Fathi Benslama et Farhad Khosrokhavar, Le Jihadisme des femmes – Pourquoi ont-elles choisi Daech ? et de Leïla Slimani, Sexe et mensonges – La vie sexuelle au Maroc.
Au centre de ces ouvrages, même lorsqu’ils ne le mettent pas en première position, le corps féminin qui, depuis si longtemps, sollicite et dérange ; ce corps dont on ne peut se passer et qui, sous couvert d’habillages religieux, juridiques, philosophiques, n’en finit pas d’être dominé et manipulé, des femmes participant activement à son emprisonnement dans le voilement et le dévoilement. La question du pourquoi de cet acharnement n’a pas une réponse unique.

« Ce que nous appelons avenir n’est rien d’autre qu’une variation du passé. »

Dans la profusion des œuvres qu’il faudrait lire, cette rentrée littéraire offre un joyau : Désorientale de Négar Djavadi. La lecture de ce premier roman de quelqu’un de connu dans le monde des médias incite à aller voir du côté d’une nouvelle littérature francophone du XXIe siècle, iranienne cette fois et, plus particulièrement, de ses voix féminines nombreuses et diverses.