Après le remarquable Tip Top où, suite au meurtre d’un indic, la police des polices matait et tapait, Serge Bozon retrouve Isabelle Huppert pour Madame Hyde, son puissant nouveau film qui offre sans doute l’un de ses meilleurs rôles à l’actrice. Elle y interprète en effet la fragile et effacée madame Géquil, enseignante dans un lycée technologique, qui peine à tenir sa classe mais qui, un jour, frappée par la foudre, va devenir l’inquiétante et électrisante madame Hyde. Fable sociale et politique, où la comédie disjoncte en permanence avec un certain fantastique, Madame Hyde se révèle un grand film sur l’éducation, le désir d’enseigner et la possibilité de transmettre des idées en un éclair. C’est à l’occasion de sa sortie demain sur les écrans et dans un contexte où les violentes réformes de l’éducation ne cessent de s’enchaîner que Diacritik est allé à la rencontre de Serge Bozon le temps d’un grand entretien pour évoquer Madame Hyde, sans conteste l’un des films de l’année.

En dehors du monde des passionnés de théâtre, et même parmi les aficionados qui, chaque année vont au in ou au off d’Avignon, il est fort probable que le nom de Jean Dasté n’évoque peut-être rien, en tout cas aucun souvenir précis, ingratitude inéluctable du temps qui passe envers celui qui a cependant et inlassablement servi la passion de sa vie, le théâtre, et tracé la voie de Jean Vilar, Roger Planchon et Ariane Mnouchkine, entre autres.