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Safe de Lucie Taïeb a le poids des rêves profonds, ceux dont on sent bien qu’ils ne sont pas un simple divertissement de l’esprit, un rébus amusant pour qui demeure à l’abri sur les rives de la vie diurne. Les rêves les plus enfoncés dans la nuit sont de la pensée par laquelle l’ordre de la vie éveillée bascule dans un dehors sans ressemblance avec ce que le vivant du jour connaît. Est-on encore vivant quand on rêve – quand on rêve réellement, lorsque le rêve est devenu la seule réalité, celle de la pensée autant que du monde ?

Safe a aussi la légèreté du rêve par laquelle, dans la pensée du rêve, rien n’est fixe, rien n’est soudé à une identité immuable, rien n’est identique à soi, rien ne demeure mais flotte dans une absence de terre et de repères reconnaissables.