Suite au succès phénoménal de L’Armée Brancaleone en 1966, le réalisateur Mario Monicelli et ses coscénaristes Agenore Incrocci et Furio Scarpelli récidivent quatre ans plus tard avec une suite qui n’a rien perdu de son originalité : Brancaleone s’en va-t-aux croisades. Depuis, le diptyque est devenu culte pour une poignée d’aficionados, sidérés par le ton unique du récit, mélange d’aventures moyenâgeuses et de scénettes burlesques qui doivent autant à la littérature médiévale qu’aux comic strips contemporains. Aujourd’hui, seul le deuxième titre sort en vidéo, mais c’est assez pour se réjouir – en espérant tout de même que l’Edizione Maestro parvienne un jour ou l’autre à mettre la main sur le premier.

En 2015, l’écrivain espagnol Javier Cercas est invité à tenir un cycle de conférences en littérature comparée à l’Université d’Oxford, succédant ainsi à George Steiner, Mario Vargas Llosa et Umberto Eco. Son sujet sera le roman, en tant qu’écrivain et critique, deux activités dont Cercas souligne la parenté en introduction de son essai, réécriture et prolongement des cinq conférences tenues en anglais : « tout bon écrivain est, qu’il le sache ou non, un bon critique » et « tout bon critique est un bon écrivain ».

Ne vous fiez pas à l’épaisseur de ce livre pour jauger son importance : A ce stade de la nuit est de ces textes majeurs dont aucun mot ne dépasse, sculpté à l’os pour dire l’essence d’un moment, d’une crise, autour d’un mot, un nom propre qui exsude de sens poétiques et politiques, nom propre devenu nom commun, martelé aux informations dans une forme d’indifférence générale que refuse Maylis de Kerangal : Lampedusa.