Le vif et subtil essai de Jérôme Meizoz prolonge des réflexions menées depuis près de quinze ans sur la posture littéraire : de Rousseau à Houellebecq, il s’agit de dessiner l’histoire de la littérature « en personne », à travers le souci de l’incarnation et de la présence médiatique de l’écrivain, depuis l’entrée dans l’ère moderne.

Le livre d’Emmanuel Carrère est un tel événement médiatique qu’on a le sentiment de l’avoir lu, avant même de l’ouvrir : ce sentiment, c’est celui finalement d’une certaine familiarité, avec une manière de poser sa voix, comme avec une galerie de figures qui nous accompagnent tout compte fait depuis L’Adversaire.

L’œuvre d’Arno Bertina est magnétisée par un tropisme africain : de la guerre d’Algérie dans Le Dehors à la restitution des biens spoliés dans Des lions comme des danseuses, l’écrivain cadastre l’envers de l’histoire occidentale, le registre de ses exactions et de ses crimes, mais il accompagne également la vitalité joyeuse du continent, sa puissance de devenir et son énergie joueuse. C’est un tel tiraillement qui traverse L’âge de la première passe, avec pour ambition d’interroger la place inconfortable de l’écrivain, homme, blanc, occidental, au Congo, accompagnant une ONG s’efforçant d’aider des mineures prostituées.

L’œuvre d’Arno Bertina est magnétisée par un tropisme africain : de la guerre d’Algérie dans Le Dehors à la restitution des biens spoliés dans Des lions comme des danseuses, l’écrivain cadastre l’envers de l’histoire occidentale, le registre de ses exactions et de ses crimes, mais il accompagne également la vitalité joyeuse du continent, sa puissance de devenir et son énergie joueuse. C’est un tel tiraillement qui traverse L’âge de la première passe, avec pour ambition d’interroger la place inconfortable de l’écrivain, homme, blanc, occidental, au Congo, accompagnant une ONG s’efforçant d’aider des mineures prostituées.

Il y a un an, dans La Passion de l’impossible, Dominique Rabaté s’aventurait aux marges du roman pour en esquisser une histoire parallèle : celle du récit, de ses empêchements et de ses expérimentations réflexives. C’est le roman qu’il explore désormais pour en déplier la force d’aimantation et d’attraction, pour interroger ce qui enchaîne et intrigue à sa lecture.

« Maintenant tu es miedka, celle qui vit entre les mondes » : miedka, c’est-à-dire marquée, moitié ours, moitié femme. Car ce qui ouvre ce saisissant récit, c’est la rencontre en août 2015 avec un ours, qui a failli tuer la narratrice, Natassja Martin, anthropologue spécialiste de l’animisme dans le Kamtchatka.

« OK, je vais vous faire quelque chose sur les OGM », a répondu Emmanuelle à Libération qui lui proposait une tribune sur le sujet de son choix.
C’est là où les choses commencent à se gâter : qu’est-ce qu’une femme de lettres peut écrire sur les OGM, à l’heure où les écrivain.e.s sont souvent relégué.e.s à un divertissement mais sans lendemain, à soigner les traumatismes individuels, et non à prendre position sur les options politiques et encore moins scientifiques ?