"Une larme de gin, une larme. Une rivière de tonic... Et ensuite la p’tite victime, composée d’une petite olive, d’un p’tit morceau d’sucre et d’un p’tit bout d’ficelle. Et nous avons : Le P’tit Grégory"
« Une larme de gin, une larme. Une rivière de tonic… Et ensuite la p’tite victime, composée d’une petite olive, d’un p’tit morceau d’sucre et d’un p’tit bout d’ficelle. Et nous avons : Le P’tit Grégory »

Comment expliquer le charme étrange et paradoxal que le fait divers, cette « horreur miniaturisée », exerce sur nous ? Cette question est à l’origine de l’«essai» que publie Mara Goyet chez Stock, Sous le charme du fait divers, interrogeant son « inquiétant enchantement », sa « promotion », son « style » et son « esthétique », à travers journaux, romans, films et séries.

Je me souviens Perec Je ne me souviens pas Lindon
© Diacritik

Dans le dictionnaire subjectif et irraisonné qu’est Bardadrac (Seuil, 2006, p. 275), Gérard Genette écrit à « Mémoire » que cette dernière a des « parties mates et des parties brillantes » ; « par ses angles morts, ses taches aveugles et ses trous noirs, elle est évidemment un filtre : trier, exclure, choisir, garder et jeter, transformer, interpoler, extrapoler, composent l’essentiel de sa fonction ».
Lister, en somme, penser/classer aurait dit Perec, non ce dont on se souvient mais ce qui échappe à la mémoire immédiate, ce qui se situe dans les angles morts, les taches aveugles et les trous noirs, se voit décentré. Tout ce qu’on ne peut dater ou dont on peine à retrouver l’origine.
Se dire, c’est sans doute explorer les lignes de fuite de la mémoire, ce que nos oublis disent de nous, ce que le futile révèle d’essentiel, l’accessoire de fondamental, les inconduites d’une ligne de vie. Tel est l’art poétique de l’extraordinaire Je ne me souviens pas de Mathieu Lindon qui vient de paraître chez P.O.L.

Nous voici enfin au seuil de la dernière pièce, la représentation se termine. Avec le lieu le plus intérieur sans doute, le plus intime certainement, le plus chargé, aussi, puisque, dans l’univers de Thomas Clerc, la chambre est indissociable d’un autre Dans ma chambre, signé Guillaume Dustan (et rappelons que Thomas Clerc publie les Œuvres complètes de Dustan aux éditions P.O.L.)

Capture d'écran d'un reportage d'Arte chez Thomas Clerc
Capture d’écran d’un reportage d’Arte chez Thomas Clerc

L’exploration Intérieur(e) se poursuit. Après l’entrée, la salle de bains. Les deux pièces sont liées, la salle de bains ayant été « ajoutée, ou plutôt retranchée » à l’entrée… De même, le plan de l’appartement s’édifie sous les yeux du lecteur, les espaces s’additionnent, se font chambre d’échos et espace de correspondances.

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