Et si le réalisme contemporain était biologique ?
Si, plus largement, notre rapport au monde, politique comme esthétique, était moléculaire ?
C’est ce que pensait Félix Guattari dans un essai de 1977 appelant à répondre à « la miniaturisation du système répressif » capitaliste par des luttes à la même échelle, vision prophétique (et surtout portée par l’intelligence aiguë d’un présent annonçant son à venir) d’un monde moléculaire. Le titre de cet essai, La révolution moléculaire, est justement le sous-titre de l’exposition Crash Test, choisi par son curateur, Nicolas Bourriaud pour rassembler, sous un « manifeste » commun, les œuvres de vingt-cinq artistes de la jeune scène internationale contemporaine à La Panacée-MoCo de Montpellier.

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Les principes de la schizoanalyse exposés dans L’anti-Œdipe et Mille Plateaux résultent en partie des recherches que Deleuze et Guattari ont menées séparément. Si L’anti-Œdipe implique un rejet de la théorie œdipienne, cela n’inclut pas pour autant l’abandon de Freud. Guattari et Deleuze soulignent l’ambivalence du « Père » de la psychanalyse qui invente une idée singulière de processus psychiques inconscients mais la réduit, en particulier avec Œdipe, en la repliant sur les formes les plus amoindries de la pensée et de l’existence. Alors qu’ils louent le génie de Freud pour son idée d’inconscient, sa redéfinition de la subjectivité, les nouveaux principes de la pensée et de la vie que son œuvre rend possibles, Deleuze et Guattari sont sans concession pour le Freud œdipien et oedipianisant. L’anti-Œdipe repose autant sur une critique systématique que sur un approfondissement et un prolongement des théories freudiennes.