Vue de sa partie la plus occidentale, l’Union Européenne semble parfois composée de méchants et de gentils. Les évocations de la Pologne ou de la Hongrie s’accompagnent en particulier de subites poussées colériques et d’indignations. Il en va alors des valeurs démocratiques, du respect de l’État de droit, du progrès mis à mal par des régimes indignes de l’héritage commun. On se lamente qu’au cœur d’un ensemble déjà si fragilisé, refluent des politiques peu conformes avec l’idéal du moi européen. Pendant ce temps là, les rapports sévères et glacés du défenseur des droits à l’encontre de la France, comme les actions juridiques émanant d’associations comptent pour du beurre. Toute comparaison au sujet des libertés, du respect des conventions internationales ou de la dégradation partielle de nos droits se voit, soit écartée, soit reléguée à des différences de nature, sinon de degrés éloignés.

« Le baccalauréat constitue l’un de nos derniers rites initiatiques, mais sa valeur réelle est bien inférieure à sa valeur symbolique. Je souhaite simplifier le bac » : tels sont les quelques mots lapidaires par lesquels Emmanuel Macron, alors candidat, appelait de ses vœux une profonde réforme de l’examen national sitôt son élection venue. Désormais président, Macron fait de la réforme du baccalauréat qu’il qualifie encore de « totem rigide » du système scolaire l’un des chantiers prioritaires de son quinquennat comme l’a encore mis en lumière sans détours le discours de politique générale d’Édouard Philippe. Le premier ministre a ainsi dévoilé le calendrier de « l’évolution profonde » du baccalauréat qu’il entend échelonner de 2018 jusqu’à 2021, en resserrant, précise-t-il, sur 4 matières qui seraient en contrôle terminal alors que les autres feraient l’objet d’une évaluation tout au long de l’année selon les modalités du contrôle continu.